La Cour des comptes s’est livrée à un brillant exercice de satisfecit, mardi à Genève, en présentant son rapport d’activité annuel. «Un tabouret à trois pieds qui tient bien», résume son président, François Paychère, avec son sens de l’humour caractéristique. Référence aux trois champs d’activité de la Cour, les examens et consultations, les missions d’audit et d’évaluation et la révision des comptes annuels de l’Etat de Genève.

François Paychère n’aura donc laissé aucune place à l’autocritique. Pourtant, son institution s’est illustrée dernièrement dans un conflit qui lui a valu un jugement sévère de la justice. Un arrêt récent de la Chambre administrative de la Cour de justice constate en effet que l’organe de contrôle a commis rien moins qu’un déni de justice dans une affaire qui la met aux prises avec la commune du Grand-Saconnex. Laquelle, courroucée par les méthodes de la Cour, était partie en guerre contre elle pour de multiples griefs. C’est sur l’un d’entre eux que la justice s’est prononcée: la Cour est bel et bien soumise à la loi sur l’information du public, l’accès aux documents et la protection des données personnelles (Lipad), contrairement à ce qu’elle prétendait.