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La Cour des comptes éreinte l’exécutif de la ville de Genève pour ses frais

Dépenses exorbitantes en matière de téléphonie ou de taxis, flou dans les comptes, frais de bouche excessifs: l’instance de contrôle critique en particulier Guillaume Barazzone

Les frais professionnels des membres de l’exécutif de la ville de Genève ne répondent pas aux exigences de clarté, de transparence et d’exemplarité: c’est la conclusion d’un rapport de la Cour des comptes genevoise, rendu public ce jeudi.

Dans un climat politique local agité, la Cour s’est saisie de la question des frais professionnels. Elle observe notamment que Guillaume Barazzone a facturé des frais de téléphonie de 17 000 francs l’année passée, cinq fois plus que la moyenne de ses collègues. A la suite d’une précédente intervention de la Cour, un conseiller administratif a remboursé 30 000 francs sur deux ans, dont environ 23 000 pour la seule téléphonie (voir le rapport et sa synthèse sur cette page).

Des frais de taxis à 3000 francs

Les experts notent aussi que deux conseillers ont facturé des frais de taxi à hauteur de 3000 francs chacun, «dont une partie est exclusivement motivée par une question de confort personnel».

Plus grave, la Cour écrit que «des conseillers administratifs ont engagé des dépenses dont le caractère professionnel n’est pas établi: frais de bouche tard dans la nuit, durant des jours fériés ou dans des lieux inhabituels pour la fonction publique (lieu touristique à l’étranger, buvette de plage), alcools forts, bouteille de champagne de prestige.»

Une mission «dans un climat tendu»

Manifestement exaspérée, la Cour écrit encore que sa mission «s’est déroulée dans un climat tendu, et les travaux ont été compliqués par de nombreux freins et oppositions, tels que les refus initiaux d’accès aux données comptables, de procéder à des vérifications d’usage sur le caractère professionnel de certaines dépenses et hors la présence d’un avocat».

Elle propose 11 recommandations, «vu le cadre insuffisant et l’exemplarité régulièrement absente» dans le cadre de ces dépenses supposément professionnelles.


La réaction du conseil administratif

Le collège a réagi peu après en tenant une conférence de presse. Il assure avoir adopté des règlements internes qui répondent aux remarques de la Cour. Dés lors, le conseil administratif «peine à comprendre le pronostic pessimiste de la Cour quant à sa capacité à mettre en œuvre avec succès ses recommandations. En effet, le règlement adopté répond aux recommandations acceptées», indique-t-il.

Les élus de la Ville ajoutent qu'ils «regrettent le sentiment des magistrats de la Cour sur le climat de
l’audit, le ton utilisé ne paraissant pas indispensable à l’accomplissement de leur mission».


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