Un patient qui a besoin d’une ambulance pour se rendre à l’hôpital peut payer jusqu’à trois fois plus cher son transport selon le canton où il réside. C’est le résultat d’une analyse menée par le surveillant des prix et rendue publique ce jeudi. Pour lui, il y a lieu d’agir, notamment au niveau de la structure tarifaire.

En Suisse, les dispositions de droit en matière de coûts de sauvetage terrestre sont assez rudimentaires, ce qui laisse une grande marge de manœuvre aux cantons et débouche sur des prix assez hétérogènes. L’étude montre en effet des différences notables pour une même prestation.

Saint-Gall se distingue

Pour une intervention d’urgence avec fonctions vitales atteintes sans médecin d’urgence et sans supplément de nuit, le coût du transport atteint en moyenne suisse 951 francs. Mais dans le même canton de Saint-Gall, il peut en coûter à la fois le moins cher (680 francs) comme le plus cher (1461 francs) selon le service de sauvetage auquel le patient fait appel.

Lorsqu’un médecin d’urgence accompagne le transport, l’écart est encore plus grand. Le service le plus cher revient à 1881 francs dans le canton de Saint-Gall et le meilleur marché coûte 832 francs en Argovie. La moyenne suisse se situe à 1263 francs. Neuchâtel, Jura, Vaud, Genève pratiquent des tarifs sous la moyenne.

Pour les transports d’urgence, les organismes les plus chers facturent leurs prestations plus du double que les meilleur marché. Pour le transport de malades sur réservation, cette différence peut atteindre le triple, relève Monsieur Prix.

Coûts de la santé gonflés

Pour le surveillant des prix, il est dérangeant que des prestations identiques de l’assurance de base donnent lieu à de si grands écarts de facturation. Selon lui, il faut définir une structure tarifaire nationale applicable aux transports en ambulance. Il suggère en outre d’abandonner le transport de malades sur rendez-vous, car il semble renchérir globalement les services de sauvetage et gonfler inutilement les coûts de la santé.