«Et si on renonçait à rembourser certains soins médicaux?»

Longtemps taboue, la question est ouvertement posée en Suisse. Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung l’approfondissent à la lueur de l’expertise d’un professeur à l’Université de Bâle, Stefan Felder. Cet économiste de la santé plaide pour limiter le catalogue des prestations à charge de la LAMal. Il donne trois exemples de soins qui ne devraient plus être remboursés selon lui: les opérations des ligaments croisés du genou, le dépistage systématique du cancer du sein et les tests préventifs pour celui de la prostate.

Il réclame aussi que l’on fixe un prix pour chaque année de vie supplémentaire. A ses yeux, le coût d’une thérapie visant à prolonger la vie d’une personne dans de bonnes conditions ne devrait pas dépasser 150 000 francs. Ou plus précisément: au-delà de ce seuil, les soins ne devraient plus être couverts par l’assurance obligatoire. Vers une médecine à deux vitesses? Stefan Felder l’assume: «La médecine à deux vitesses existe déjà mais de manière cachée. Les médecins rationnent implicitement. Ce qui va à l’encontre de l’égalité de traitement».


Credit Suisse Genève est dans la tourmente

A Genève, la banque Credit Suisse est dans le viseur du Parquet cantonal. Un employé a été mis en prévention pour «défaut de vigilance» en mai dernier. Mais l’affaire, par son ampleur, pourrait désormais s’étendre à l’établissement bancaire lui-même, relatent le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung. L’article 102 du Code pénal permet en effet de poursuivre les entreprises. L’enquête menée durant deux ans a rempli 93 classeurs fédéraux et réuni 20 plaignants pour un préjudice total de 150 millions de dollars, selon le procureur en charge. Une telle ampleur laisse la justice songeuse: elle peine à croire que la faute ne puisse revenir qu’à un seul employé. Crédit Suisse précise que l’instruction pénale a été ouverte en premier lieu contre des représentants d’une société de gestion de fortune établie à Genève, et non à son encontre.

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RIE III: le bal des anciens conseillers fédéraux se poursuit

La troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III), soumise au vote le 12 février prochain au niveau fédéral, continue d’enflammer les débats. Après le bras de fer auquel se sont livrés cette semaine l’ancienne ministre des Finances Eveline Widmer-Schlumpf – «la RIE III est déséquilibrée» – et l’actuel grand argentier Ueli Maurer – «la RIE III est indispensable» –, au tour de deux anciennes conseillères fédérales de se joindre à la mêlée.

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La Genevoise Ruth Dreifuss s’est fendue d’une missive à ses camarades socialistes pour dénoncer une réforme qu’elle voit comme un danger, surtout pour la classe moyenne, rapporte le Matin Dimanche. Ancienne conseillère fédérale PDC, désormais administratrice de la banque Reyl, Ruth Metzler contre-attaque dans Zentral Schweiz am Sonntag: «Un non à la RIE III serait préjudiciable à l’attractivité de la Suisse». La NZZ am Sonntag s’attache quant à elle à démontrer les avantages à long terme de la réforme pour les entreprises et hautes écoles, qui peuvent s’attendre à un boom dans l’innovation.


Une classe luxe dans les TGV vers Paris

Lyria, filiale de la SNCF et des CFF, va tester une nouvelle offre dans ses TGV à destination de Paris. L’offre «Business Première» sera introduite en août sur les lignes Zurich-Basel-Paris et Genève-Paris, indique la NZZ am Sonntag. Le contenu de l’offre? Un service comprenant repas chauds et différentes commodités, mais aussi un espace de travail spécialement aménagé et des heures de départ flexibles. Les clients de la Business Première pourront embarquer dans le train de leur choix: seul le jour de départ figurera sur la réservation. Lyria compte ainsi concurrencer les offres à prix cassés des bus et des avions entre la Suisse et Paris. Cette nouvelle classe sera proposée au même prix que la 1e classe, soit entre 215 et 235 francs. Les prix des billets première classe seront abaissés en conséquence.

Notre interview du patron de Lyria, Andreas Bergmann, sur la concurrence des transports: «Lyria est le laboratoire des CFF»