Pour le président de l'Association des riverains de l'Aéroport de Genève (ARAG), Gérald Page, «il est important que la question soit enfin tranchée. Cela fait une douzaine d'années que les experts planchent sur le problème de la protection contre le bruit à proximité des aéroports.» A ce jour, de multiples procédures d'indemnisation ont été engagées contre l'Etat de Genève et l'Aéroport, pour un montant habituellement estimé jusqu'ici à quelque 60 millions, contre 310 selon les nouvelles normes fédérales. Plusieurs décisions du Tribunal fédéral ont admis le principe d'un dédommagement des riverains, tout en fixant des conditions. De délicates questions touchant à la prescription se sont toutefois posées. Le Tribunal fédéral les a partiellement tranchées l'an dernier, désavouant l'attitude restrictive du canton. Si elles devaient être entérinées, indique Gérald Page, les propositions de l'Office fédéral de l'environnement auraient pour effet de multiplier le nombre de riverains de l'Aéroport de Genève pouvant faire valoir des droits. Quant à la charge considérable qui pourrait en résulter, souligne Gérald Page, elle pourrait être financée dans une large mesure par des taxes antibruit prélevées auprès des compagnies aériennes, souligne Gérald Page, rappelant que cette solution, défendue par l'ARAG mais jamais prise en compte, a été retenue par de nombreux aéroports européens. Dans cette optique, Swissair a néanmoins fait savoir mardi qu'elle combattra les propositions de Philippe Roch et militera pour des limites plus basses, pénalisant moins la Suisse.

Le président de l'ARAG juge «équitable» la limite de 60 décibels prévue, de jour, pour les zones d'habitation. Elle correspond en effet aux normes en vigueur pour le trafic routier. En revanche, le président de l'ARAG regrette que ces mêmes valeurs ne soient abaissées qu'à 57 décibels seulement la nuit, contre 50 pour le trafic routier.