Depuis des semaines, caisses maladie et responsables de la santé préparent le terrain de la hausse des primes qui sera annoncée fin septembre. Vendredi, c’était au tour d’Alain Berset, le ministre de la santé, de s’exprimer. Les coûts, dont les primes sont le miroir, continuent de grimper non seulement en raison des facteurs explicables comme le vieillissement de la population et les progrès médicaux-techniques, mais également pour des raisons moins avouables, comme «le recours accru aux soins, dont l’ampleur ne s’explique pas d’un point de vue médical», selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Les chiffres sont toujours impressionnants: les coûts à la charge des assurés vont croître de plus d’un milliard de francs en 2016. De 1996 à 2015, l’assurance de base a dépensé chaque année en moyenne 4% de plus par assuré pour le remboursement des prestations médicales.

Tous les secteurs sont en hausse

Entre 2009 et 2015, les coûts des traitements auprès de médecins indépendants ont augmenté de 28%; le nombre de consultations est resté stable, mais les coûts par rendez-vous ont, eux, augmenté. L’OFSP précise, en taclant les soignants: «Les patients consultent davantage de spécialistes au détriment des médecins de famille, et les prestations facturées sont toujours plus chères». Dans les hôpitaux, les coûts par personne en 2015 étaient de 17% supérieurs à ceux de 2009; la hausse tient en particulier aux patients âgés. Enfin, un autre secteur figure dans le viseur des politiciens: les traitements dans le domaine hospitalier ambulatoire. Entre 2009 et 2015, les coûts par personne ont augmenté de 34%.

Le conseiller fédéral va aller chercher de l’inspiration à l’étranger, en particulier en Allemagne et aux Pays-Bas. En Allemagne, les prestations hospitalières sont par exemple soumises à un plafond; passé ce dernier, elles sont moins rémunérées. Les Pays-Bas connaissent des forfaits par cas pour le domaine ambulatoire et il n’est possible de facturer une prestation que si le patient est envoyé par son médecin traitant.

Economies sur les génériques

Alain Berset n’a pas annoncé de nouvelles mesures prêtes à entrer en vigueur pour endiguer la hausse. S’agissant du prix des médicaments, il a indiqué que des économies de l’ordre de 80 millions de francs devraient être réalisées dès l’an prochain sur les génériques. D’autres dispositions devront permettre de limiter les coûts en introduisant un système de prix de référence pour les génériques.

Cette semaine, la commission de la santé du Conseil des Etats s’est aussi exprimée sur la hausse des coûts. Dans son viseur, les assurés, dont elle entend «accroître leur sens des responsabilités». La commission a accepté des propositions pour faire davantage contribuer les assurés au paiement de leurs factures médicales. La première demande une adaptation des franchises selon l’évolution des coûts. Selon la seconde, les assurés qui optent pour des modèles d’assurance aux franchises élevées ou ceux qui ont renoncé au libre choix du médecin devraient s’engager dans cette voie pour trois ans au moins.