Le covid a un effet concret sur la rentrée scolaire genevoise, qui aura lieu le lundi 24 août pour 78 000 élèves et 71 00 enseignants. Le niveau secondaire (collège, école de culture générale, maturité professionnelle) connaît traditionnellement des réorientations à la fin de la première année. Pas cette fois, ce qui a pour conséquence de faire grimper les effectifs. De plus, par crainte d’intégrer le marché du travail, un grand nombre de titulaires de CFC entament une maturité professionnelle. Problème: avant même la pandémie, Anne Emery-Torracinta n’avait pas obtenu du Grand Conseil les effectifs supplémentaires pour cadrer l’augmentation prévisible liée à la démographie. La conseillère d’Etat a donc puisé dans le budget ordinaire pour la création de dix postes, mais elle ne peut aller au-delà.

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«A haut risque»

La socialiste a présenté à la presse les solutions mises en place afin de répondre à cette contrainte qui, ajoutée à la pandémie et à une pression grandissante sur les bâtiments, compose une rentrée «à haut risque». Des économies ont été faites au cycle d’orientation (-28,8 équivalent plein-temps) et au secondaire 2 (-45 EPT) pour réallouer des moyens au primaire et à l’enseignement spécialisé. Les coupes ont été faites sur les dégrèvements, c’est-à-dire les activités proposées en parallèle des enseignements obligatoires. Certaines nouveautés, comme l’informatique au collège, ont été reportées. Ce rabot appliqué, «des réaménagements extrêmement lourds», précise la magistrate, la rentrée pourra se faire avec des taux d’encadrement qui évoluent peu. «Mais si nous n’avons pas de budget pour 2021, prévient-elle, on va bloquer l’école et lui retirer ce qui lui permet de s’adapter aux mouvements de la société.»

C’est au niveau du primaire (37 780 élèves, +948) que la hausse des effectifs est la plus forte. Il y a trente ans, ce niveau comptait 27 000 élèves. La croissance démographique est plus rapide que prévu. Elle se heurte à une réalité genevoise: le foncier y est rare, la construction d’établissements est un chemin de croix tant les obstacles sont multiples. Il faut en moyenne entre dix et douze ans pour ériger une école. La conseillère d’Etat a donc décidé d’augmenter les capacités de plusieurs établissements, en les surélevant (Rousseau), en les réaménageant (Coudriers), en leur adjoignant des pavillons dès 2021 (Florence, Voirets et Vuillonnex) voire dès cette rentrée (Le Corbusier, Sapay). Un travail de rationalisation de l’emploi des mètres carrés est lancé. Une option est de généraliser la mixité entre le collège et l’école de culture générale (ECG). Il est par ailleurs impératif que la construction du cycle prévu à Balexert commence en 2021, souligne la conseillère d’Etat. Le Servette Football Club, qui occupe les terrains, sera provisoirement relogé aux Evaux.

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Apprentissages moins rares

Sur le front du covid toujours, une crainte s’estompe: celle de la raréfaction des places d’apprentissage. Plus la rentrée s’approche, plus l’écart entre 2019 et 2020 diminue. A mi-août, il est de 15%. Les entreprises ont jusqu’à novembre pour se signaler. Enfin, la conseillère d’Etat a rappelé qu’au secondaire le premier mois d’enseignement permettrait d’évaluer les besoins des élèves en termes de rattrapage, sans épreuves. Les appuis nécessaires de même que la planification du programme de l’année à venir différeront: réaménager les cours n’obéit pas à la même logique selon que la matière est cumulative – mathématiques – ou non – littérature. L’année scolaire sera plus longue d’une semaine. Cette soupape pourrait se révéler utile.