Une lueur d’espoir au bout du tunnel. C’est ainsi que les annonces du jour sont perçues à Genève, près de trois semaines après l’annonce du semi-confinement. Face à une légère diminution du nombre de cas de Covid-19, le Conseil d’Etat a décidé de procéder à une réouverture par étapes. Coiffeurs, esthéticiens, coachs sportifs ou encore thérapeutes: les activités de services à la personne sont les premières à bénéficier, dès samedi, de cet assouplissement. Commerçants et restaurateurs devront, à leur grand dam, encore patienter.

«Nous allons vers une amélioration, mais attention à ne pas ruiner les efforts de ces dernières semaines», a mis en garde le conseiller d’Etat Mauro Poggia, chargé du Département de la sécurité, de l’emploi et de la santé, tout en affirmant comprendre «l’impatience de la population». Les réouvertures prévues feront ainsi l’objet de mesures sanitaires strictes. Au-delà de l’inévitable port du masque, les rendez-vous seront obligatoires chez les coiffeurs et barbiers et les groupes de cinq personnes maximum d’usage pour les coachs sportifs. Les activités de prostitution et de massage restent quant à elles interdites.

Lire aussi: Berne et les cantons mettent 1 milliard sur la table

Eviter le «cadeau empoisonné»

Ultimatum des restaurateurs, manifestations pour la réouverture des commerces, critiques sur la concurrence déloyale vis-à-vis du canton de Vaud: la situation est récemment devenue tendue à Genève. Pas de quoi troubler Mauro Poggia. «Il est exclu d’agir sous la pression des secteurs concernés, juge Mauro Poggia. A quoi bon rouvrir trop tôt pour tout reconfiner avant Noël. Il s’agirait d’un cadeau empoisonné.» De son côté, la ministre des Finances, Nathalie Fontanet, temporise: «Je rencontre chaque semaine les représentants de l’économie, j’entends leur désespoir, leur détresse, mais je leur demande d’être patients.»

Lire également: La contestation contre le semi-confinement enfle à Genève

Alors que la contestation grandit, le gouvernement genevois, on l’a compris, avance prudemment. Les commerces figurent dans la deuxième étape esquissée, pour autant que le nombre de cas se stabilise à 230 par jour environ. «Il n’y a pas encore de date fixée», prévient toutefois Mauro Poggia, soulignant que les commerces restent des lieux de circulation du virus, où la traçabilité ne peut être garantie. Quant aux bars et restaurants, ils sont inclus dans une éventuelle troisième phase.

Manque d’aides

Outre la fermeture, Laurent Terlinchamp, président de la Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers de Genève, déplore le «manque de soutien financier» pour survivre à cette crise. «Les restaurateurs ont besoin d’aides pour assumer leurs frais incompressibles, plaide-t-il. L’aide sur les loyers, c’est bien, mais certains propriétaires refusent de faire leur part. Dans ce cas, aucune autre mesure n’est prévue de la part du canton, ce qui nous condamne tous, tôt ou tard, à la faillite.»

Lire aussi: La cohérence comme réponse au ras-le-bol