Prévoyance 

CPEG: un sauvetage à 5 milliards

A Genève, la caisse de pension des fonctionnaires doit impérativement être recapitalisée. Deux projets s’affrontent dans les urnes le 19 mai pour atteindre le taux de couverture de 80% exigé par Berne

A Genève, la caisse de pension des fonctionnaires (CPEG) joue son avenir dans les urnes le 19 mai. Ce jour-là, les citoyens genevois devront choisir entre deux plans d’assainissement pour permettre à la caisse de prévoyance, dont le taux de couverture actuel (58%) n’est plus conforme aux normes fédérales, d’atteindre 80% en 2052. Quelle que soit la décision retenue, son impact ira bien au-delà des quelque 48 000 affiliés et touchera tous les contribuables via l’impôt.

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Deux projets et une question subsidiaire 

Sur les bulletins de vote, deux projets de loi contradictoires se font face. D’une part, celui du Conseil d’Etat, estimé à 4,9 milliards de francs, et soutenu par la droite. Il prévoit d’introduire un système de primauté des cotisations, financées à 58% par l’employeur et à 42% par le fonctionnaire. En clair, les prestations délivrées dépendraient désormais des sommes à disposition. Pour le financer, le gouvernement entend injecter 500 millions de francs et souscrire un prêt simultané de 4,1 milliards de francs entre l’Etat et la CPEG, remboursable sur quarante ans. L’objectif étant d’étaler l’effort financier fourni par la collectivité publique.

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D’autre part, un projet porté par l’Asloca et le Cartel intersyndical, soutenu par la gauche et le MCG, qui veut maintenir le système actuel de la primauté des prestations et la charge de l’employeur à 66,7%. Coût estimé: entre 4,4 et 5,4 milliards de francs. Pour financer cette recapitalisation, la gauche mise elle aussi sur un prêt simultané, assorti d’une autre mesure pour le rembourser: la cession à la CPEG de terrains ou de droits à bâtir appartenant à l’Etat et sur lesquels pourront être construits des logements à loyer abordable.

Ces deux propositions sont assorties d’une question subsidiaire pour les départager en cas de double oui. Car après des années de tergiversation, le futur de la CPEG doit impérativement être tranché avant le 31 mai 2019. En cas de double non, les mesures d’économies annoncées par le comité de direction de la caisse entreront en vigueur (10% de baisse des rentes dès janvier 2020). Un scénario qui plongerait la CPEG dans une nouvelle crise.

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