Avec le nouveau financement hospitalier, au 1er janvier, les organisations de patients craignent que sous la pression économique, les malades soient poussés prématurément hors de l’hôpital. Pour d’autres, ce risque est contrôlé. Le «bloody exit» est le principal risque lié au système de forfait par cas (DRG) qui a été identifié aux Etats-Unis, selon Luc Schenker, consultant en économie de la santé. En Suisse, on a prévu des outils pour surveiller les sorties précoces. Un établissement, qui affiche un taux trop élevé de «réhospitalisation potentiellement évitable» s’exposera à des sanctions.

Anne-Marie Bollier, porte-parole de l’Organisation suisse des patients, n’y croit pas trop. Mais pour elle, le problème ne s’arrête pas là. Elle s’inquiète de la prise en charge après l’hôpital. «Tous les cantons ont-ils les structures nécessaires pour accueillir des patients qui auraient besoin d’une assistance accrue les premiers jours de leur retour à la maison», se demande la responsable.

Pour Pierre-François Cuénoud, de la Fédération des médecins suisses (FMH), ce problème n’est pas nouveau. La plupart des cantons ont déjà pris des mesures notamment par une offre élargie de soins à domicile. Le vrai risque à son avis réside plutôt dans la prise en charge de patients âgés qui ne peuvent plus rentrer chez eux à leur sortie d’hôpital. Les listes d’attente pour les EMS sont souvent très longues, rappelle-t-il. (ATS)