Plusieurs personnes ont été emportées mardi en début d'après-midi par une avalanche à Crans-Montana (VS) sur une piste de la Plainte-Morte, a annoncé la police cantonale valaisanne. Les secours sont sur place.

Selon Nicolas Féraud, dix à douze personnes ont été emportées par la coulée. Mais le président de la commune de Crans-Montana précise qu'il n'y a «rien de sûr, ce chiffre pourrait être plus élevé». Selon le Nouvelliste, quatre personnes auraient déjà été extraites de l'avalanche.

Plusieurs hélicoptères mobilisés

L'avalanche s'est déclenchée au fond de la piste de la Plaine Morte, qui permet de relier le glacier du même nom au reste du domaine skiable. Plusieurs hélicoptères et secouristes sont sur place pour tenter de localiser les victimes. Nicolas Féraud ajoute que l'armée, présente sur le domaine skiable afin de préparer les courses de coupe du monde féminine de ce week-end, a été appelée en renfort.

De leur côté, les remontées mécaniques de Crans-Montana Aminona communiquent que l'alerte a été donnée à 14h23 par un patrouilleur. La société ajoute qu'un numéro d'urgence a été ouvert. Il s'agit du 027 485 89 07. La police a également ouvert une Helpline au 0848 112 117.

«Très probablement une avalanche de neige mouillée»

Les circonstances du drame ne sont pas encore connues, mais pour Robert Bolognesi, directeur de Meteorisk, il s'agit «très probablement d'une avalanche de neige mouillée». Pour le nivologue, qui n'a pas encore pu se rendre sur place, les conditions météorologiques des derniers jours, à savoir de la chaleur et un fort ensoleillement, expliquent un tel phénomène.

Selon l'Institut pour l'étude de la neige et des avalanches (SLF), le danger d'avalanche pour la région était de niveau 2 sur 5 pour cette journée de mardi.

Des recherches plus compliquées

Des avalanches de ce type ont déjà été constatées cet hiver, mais à plus basse altitude, précise Robert Bolognesi. Le drame survenu ce mardi pourrait signifier le début d'une série d'avalanche de neige humide. «Le drame survenu à Crans-Montana doit être interprété comme un signal de danger pour les pentes raides et bien ensoleillées dans les prochains jours», souligne Robert Bolognesi.

Le nivologue précise qu'un tel drame ne peut survenir qu'en deuxième partie de journée. «Le danger augmente au fur et à mesure de la journée, en même temps que les températures. Les nuits froides, avec un mercure qui reste sous la barre du zéro degré, empêchent qu'un tel événement se produise dans le courant de la matinée à une telle altitude», précise-t-il.

La neige humide emportée par l'avalanche est dense. «Dans ce genre de conditions, les recherches sont plus compliquées», reconnaît Pierre Huguenin, responsable de l’antenne sédunoise de l’Institut pour l’étude de la neige et des avalanches (SLF). Qui dit plus compliquées, dit plus longues. Or, le temps est un élément primordial lors de la recherche de victimes d'avalanches.

Leurs chances de survie dépendent, en effet, du temps passé enseveli sous la neige. Selon les statistiques du SLF, après quinze minutes, les chances de s’en sortir vivant n’avoisinent plus que les 50%.

«Pas d'influence sur la Coupe du monde»

De son côté, la Fédération internationale de ski (FIS) a indiqué que «l'avalanche ne devrait a priori n'avoir aucune influence sur le déroulement des épreuves de Coupe du monde, surtout que la coulée a eu lieu loin des pistes où se dérouleront les courses.»