Ce sont des vibrations «d’une intensité inattendue» qui ont provoqué la chute d’un drone de type Hermes 900 HFE le 5 août 2020 sur le territoire israélien. C’est ce que révèlent les résultats d’une enquête ouverte et dirigée par le ministère israélien des Transports, après le crash de ce drone destiné à l’armée suisse.

Le drone était devenu incontrôlable après que l’empennage en V s’était détaché du fuselage sous l’effet de ces vibrations, «dans un processus très court et agressif», selon le rapport final. L’accident s’est produit lors d’une manœuvre à grande vitesse planifiée. Pendant cette manœuvre, le drone a apparemment volé proche de sa limite de flottement symétrique.

Le crash a eu lieu lors d’un vol d’essai, a indiqué armasuisse, l’Office fédéral de l’armement, mardi dans un communiqué. L’accident a entraîné un dommage total, mais n’a causé aucun dommage corporel ou à des tiers. Le constructeur israélien Elbit Systems Ltd a pu remédier à ce problème au niveau de la production sans modifier le design du drone. Il prend en charge tous les coûts.

Une planification fiable des délais reste difficile

Le drone concerné fait partie d’un contrat d’acquisition de drones de reconnaissance (ADS 15) destinés à l’armée suisse. Celle-ci a commandé six de ces drones, de neuf mètres de long et 17 mètres d’envergure chacun, à ce fabricant israélien, pour un montant de 250 millions de francs. Les appareils ne sont pas destinés à être armés.

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L’achat avait suscité la controverse car ce drone n’était pas encore prêt pour une production en série. Une planification fiable des délais reste difficile, reconnaît armasuisse, qui estime que les drones devraient être livrés entre le second semestre 2022 et l’été 2023.

Les retards actuels résultent d’une part de la complexité des démarches de certification auprès de l’autorité d’homologation civile israélienne, que le constructeur avait sous-estimée. Il y a aussi des retards dans le développement du système de radar pour Sense-and-Avoid, dont l’homologation est prévue pour fin 2024. Jusqu’à cette homologation, le drone sera utilisé de jour avec un avion d’escorte et dans un espace aérien non contrôlé, assure armasuisse.

En outre, la pandémie de coronavirus a perturbé l’industrie et les limitations de voyage et obligations de quarantaine ont fortement restreint la collaboration avec le fournisseur, note encore armasuisse. La Suisse ne dispose actuellement plus de drones de reconnaissance. Les anciens appareils de type Ranger ont été retirés en 2019, après vingt ans d’utilisation.