Aviation

Le crash d'un F/A-18 dans le Jura français est élucidé

Une erreur de pilotage après l’extinction d’un moteur a entraîné l’accident d’un avion militaire suisse à Glamondans en 2015, selon le DDPS

C’est une erreur du pilote, après l’extinction d’un moteur à moyenne altitude, qui a entraîné le crash d’un F/A-18 de l’armée suisse au-dessus du Jura français le 14 octobre 2015. La justice militaire a annoncé la clôture de son enquête dans un communiqué mardi matin.

L’appareil s’était écrasé près du village de Glamondans, dans le Doubs, à la fin d’un exercice de combat aérien avec deux F-5 Tiger. Après l’extinction d’un de ses deux moteurs – un incident extrêmement rare appelé flameout – «l’avion a basculé vers la gauche dans un mouvement de barrique involontaire et a rapidement perdu de l’altitude, écrit la justice militaire. Le pilote n’est plus arrivé à stabiliser l’assiette de vol et a déclenché son siège éjectable quelques instants plus tard.»

Ce crash était le deuxième d’une série de trois accidents qui ont frappé la force aérienne helvétique en trois ans, entraînant la perte de trois F/A-18. Mais contrairement aux deux autres, ce crash n’avait fait aucune victime et le pilote s’en était sorti indemne.

Le premier accident, qui avait tué un aviateur et son passager près d’Alpnach (OW) en octobre 2013, était aussi dû à une erreur du pilote qui avait mal apprécié un virage à basse altitude et s’était écrasé contre une falaise.

Mesures d’urgence

Concernant l’accident de Glamondans, «la perte de l’avion est due au fait que le pilote s’est éjecté sans avoir appliqué les mesures d’urgence requises en cas de décrochage dans le réacteur et qu’il n’a pas, ou pas correctement, effectué la manœuvre prescrite en cas de mouvement de lacet et de roulis involontaire de l’avion», écrit la justice militaire.

L’enquête a permis de reconstituer le déroulement du vol fatidique. Les problèmes sont apparus dans la dernière phase du vol, pendant un simulacre de combat aérien, selon le résumé du rapport d’instruction consulté par l’agence ATS. Lors d’un changement de manœuvre pour attaquer l’un des F-5, l’appareil s’est mis à basculer sur la gauche.

Reprendre le contrôle

Le pilote a alors corrigé la course de l’avion, mais une alarme a retenti peu après, indiquant un décrochage dans le réacteur gauche, soit un problème de différence de pression, suivi d’une perte de puissance. L’avion a basculé dans un mouvement circulaire et a perdu de l’altitude. Quelques secondes plus tard, le pilote s’est éjecté à une altitude d’environ 1855 mètres. Pour éviter l’accident, il aurait dû mettre au ralenti le réacteur touché et réduire la pression, ce qui aurait éliminé le décrochage. L’avion serait ainsi redevenu contrôlable.

Mais selon un ancien pilote, la situation de l’aviateur était très délicate, ce qui peut expliquer sa décision de s’éjecter: «Il y avait des nuages, et avec un réacteur éteint et un autre au ralenti, un F/A-18 perd facilement plus de 6000 pieds (2000 mètres) par minute. Sauver l’avion n’était pas forcément faisable.»

La responsabilité du pilote sera désormais au cœur d’une seconde phase de l’enquête. A cause de la perte de l’appareil, l’officier est désormais visé par une enquête afin de savoir s’il est pénalement responsable d'«inobservation des prescriptions de service» et d'«abus et dilapidation du matériel».

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