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Un hélicoptère survole le lieu du crash du Ju-52 qui a fait 20 morts samedi dans les Grisons.
© Ennio Leanza/Keystone c

Aviation

Crash du Ju-52: les premières hypothèses

Deux jours après le crash d’un «oldtimer» de 1939 aux Grisons, l’incompréhension domine. Quelques explications possibles commencent toutefois à faire surface

Les deux pilotes aux commandes du Junkers Ju-52 tombé au Piz Segnas disposaient de plus de 1200 heures de vol sur cet avion. Ils avaient également piloté trente ans dans l’aviation civile et militaire et connaissaient parfaitement la région. Si rien ne permet pour le moment d’expliquer le crash aérien qui a coûté la vie à 20 personnes, quelques pistes existent.

Lire aussi: Vingt morts et des interrogations dans le crash d'un avion suisse

L’âge, «un gage de qualité»

Une chose paraît à exclure d’emblée, la compétence des pilotes n’est pas remise en question. Quant à l’âge respectable du «vieux coucou», aucun connaisseur ne semble vouloir lui attribuer un quelconque rôle dans l’accident non plus. «Cet avion a largement fait ses preuves, commente un expert de l’aéroport de la Blécherette. Il a ravitaillé l’Afrique du Nord ou encore Stalingrad pendant la Seconde Guerre mondiale, la machine était parfaitement entretenue et, s’il a effectivement un certain âge, c’est également un gage de sa qualité!»

Presque octogénaire, l’appareil a ainsi régulièrement été qualifié «d’indestructible» par les spécialistes dans la presse des derniers jours. L’Office fédéral de l’aviation civile inspecte par ailleurs ce type d’appareil tous les deux ans afin de prolonger – ou non – son certificat de navigabilité. Le Ju-52 avait ainsi encore été contrôlé en début d’année, le 6 avril 2018, sans qu’aucune anomalie n’ait été détectée. Et les conditions de vol étaient bonnes. Alors, qu’a-t-il bien pu se passer pour précipiter la chute de l’indéfectible «Tante Ju»?

L’avion en question nécessite quand même des compétences particulières. Dépourvu d’électronique, le trimoteur se conduit par exemple «à vue». De moins en moins courant chez les plus jeunes pilotes, manœuvrer dans ces conditions était toutefois habituel pour les deux vétérans aux commandes. Deux hypothèses demeurent, avancées par la NZZ.

La thèse du décrochage aérodynamique

La première: le décrochage aérodynamique. Hantise des aviateurs, le terme désigne une soudaine perte de portance des ailes, qui a pour conséquence une perte très rapide d’altitude, l'«abattée». Or, selon les témoins oculaires du crash du Ju-52, l’avion aurait justement soudainement piqué du nez. La faible densité de l’air en montagne – l’avion a touché le sol à 2540 mètres d’altitude – favorise par ailleurs ce phénomène.

L'hypothèse d'un accident de santé

La deuxième hypothèse est d’ordre médical et théorise le pépin physique inopiné d’un des deux pilotes. Un infarctus lors duquel l’un d’entre eux se serait brusquement affalé sur ses commandes sans que son binôme parvienne assez rapidement à intervenir pour relever son collègue – et l’appareil – fait ainsi partie du domaine des possibles. Ces suppositions ne représentent toutefois que de plausibles interprétations. «Nous attendons les résultats de l’enquête», se borne ainsi à répéter Christian Gartmann, porte-parole chez JU-Air. Ce travail s’annonce complexe. A défaut de boîte noire, un travail de fourmi attend les experts, qui devront procéder à une méticuleuse analyse de tous les débris humains et matériels. En espérant – peut-être – trouver une réponse.

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