Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le Conseil fédéral est favorable à la suppression du rebroussement de Chambrelien, entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. (Keystone).

Mobilité

Crédits ferroviaires: la Suisse romande mi-figue mi-raisin

Le Conseil fédéral envisage d'investir 11,5 milliards supplémentaires dans le réseau ferroviaire d'ici à 2025. L'offre sera notamment densifiée entre Yverdon, Lausanne et Genève

Les responsables des transports de Suisse occidentale ont des sentiments mitigés après l'annonce de la stratégie du Conseil fédéral pour le développement ferroviaire. L'enveloppe de la prochaine étape d'investissement sera de 11,5 milliards et le délai de planification portera jusqu'en 2035. Le gouvernement a retenu la variante haute pour la procédure de consultation, ouverte jusqu'en janvier. Il justifie ce choix par le fait que la solution basse, 7 milliards d'ici à 2030, «ne permettrait de supprimer qu'une partie des goulets d'étranglement». Le message sera transmis au parlement à la fin de l'année prochaine.

Lire aussiNouvelle bataille autour des milliards du rail

En Suisse romande, il est prévu d'investir 800 millions dans des améliorations de l'offre entre Lausanne et Genève (quatre paires de trains chaque heure entre les deux villes) et sur la ligne du pied du Jura, où circuleront des rames à deux étages. La cadence semi-horaire sera généralisée entre Lausanne et Saint-Maurice, avec prolongement jusqu'à Martigny aux heures de pointe et ajout d'un RegioExpress entre Lausanne et Villeneuve. La modernisation de la ligne historique Neuchâtel-La Chaux-de-Fonds est incluse dans le programme. Mais il n'est pas question de nouvelle ligne directe ou de liaisons souterraine autonome, comme cela avait été envisagé après l'échec du Transrun en 2012.

720 millions pour Neuchâtel-La Chaux-de-Fonds

Le Conseil fédéral propose d'investir 720 millions dans la rénovation de l'infrastructure existante, la suppression du rebroussement de Chambrelien et le percement d'un nouveau tube sous La Vue-des-Alpes. Cette somme sera financée par la convention de prestations des CFF (430 millions) et par la tranche de crédit 2035, 290 millions. La construction d'une nouvelle liaison aurait coûté jusqu'à 900 millions. Ce scénario n'est pas retenu. Le conseiller d'Etat Laurent Favre n'est pas surpris. «Mais nous ne baissons pas les bras. Ces 720 millions constituent une bonne base pour déboucher sur une solution en ligne directe, dont les coûts d'exploitation seraient moins élevés», commente-t-il. La variante retenue pour l'étape 2035 ne résout pas le problème du goulet de Vauseyon, à la sortie ouest de Neuchâtel, dont l'assainissement pourrait coûter jusqu'à 300 millions de francs.

Néanmoins, la modernisation de la ligne historique ramènera le temps de parcours entre les deux villes de 27 à 21 minutes. Deux trains directs circuleront chaque heure et dans chaque sens jusqu'au Locle et deux trains régionaux circuleront également chaque heure et dans chaque sens entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. Cet axe pourra être intégré dans le réseau national grandes lignes. La compagnie BLS ambitionne de l'exploiter à partir de 2022, mais certains usagers mécontents des prestations du transporteur bernois doutent qu'il ait les moyens de ses ambitions.

Deux tunnels alémaniques

Le programme inclut également la cadence à la demi-heure entre Bâle- Delémont et Bienne en trafic grandes lignes. Il comprend la rénovation de plusieurs gares, en particulier celles de Nyon, Morges et Neuchâtel (réaménagement des quais, nouveaux passages inférieurs ou supérieurs). En revanche, l'achèvement du tunnel du Lötschberg, qui n'est à double voie que sur le tiers de ses 35 kilomètres, n'a pas trouvé grâce devant le Conseil fédéral. Ce chantier, dont le coût est estimé à 930 millions, est repoussé à une étape ultérieure, qui sera présentée dans huit ans environ, estime le Conseil fédéral. Il ne rétablit pas davantage la liaison directe entre l'Arc lémanique et Bâle via Delémont.

Les deux gros morceaux du programme du Conseil fédéral se situent en Suisse alémanique. Il s'agit des tunnels du Brütten (2,7 milliards), entre Zurich et Winterthour, et du Zimmerberg (2,1 milliards), entre Zurich et Zoug en direction du Gothard. La cadence au quart d'heure sera généralisée entre Berne et Zurich. Demandée par la Suisse centrale, la construction d'une liaison transversale sous la gare en cul-de-sac de Lucerne est aussi repoussée à plus tard. L'association Ouestrail et la Conférence des transports de Suisse occidentale (CTSO) jugent la répartition des moyens, dont seuls 25% reviennent à la partie ouest du pays, peu équitable. «Nous sommes un peu déçus, mais nous allons remonter aux barricades», promet le conseiller d'Etat valaisan Jacques Melly, président de la CTSO et du Comité du Lötschberg. Les associations de Suisse occidentale demandent que l'enveloppe soit portée à au moins 13 milliards.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo suisse

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

Le Conseil national a refusé de suivre l'avis du Conseil des Etats. Celui-ci voulait réduire de moitié la facture des nouveaux gilets de l'armée suisse. Il a été convaincu par les arguments du chef du DDPS, Guy Parmelin. La question reste donc en suspens.

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

n/a