Elections

Le crépuscule politique de Pierre Chiffelle, rabroué dans sa ville

L'ancien conseiller d’État, exclu du PS pour avoir voulu se présenter, obtient le pire score de tous les candidats à la municipalité. Celle-ci sera plus centriste que jamais

Le désaveu populaire est d'une ampleur surprenante. Se présentant comme le sauveur de la gauche à Vevey, où le PS était en mauvaise posture au premier tour des élections communales, Pierre Chiffelle a fini dernier du scrutin, ce dimanche. Sous la bannière «Gauche libre», il n'a obtenu que 548 voix. C'est le résultat le plus mauvais des 11 concourants du second tour. Le suivant en partant du bas, Bastien Schobinger de l'Entente veveysanne (centre droit local), a reçu 911 suffrages.

La claque est majeure pour l'ancien conseiller d’État, ce que certains, par exemple au PLR, ne manquent pas de souligner avec sarcasme.

Au PS veveysan lui-même, l'amertume se lit sur Twitter.

Le 28 février à Vevey, le premier tour s'est conclu sur un ballottage général. Les socialistes étant mal partis, Pierre Chiffelle a voulu garantir le siège, a-t-il pensé, en se lançant sans en avertir les instances locales ou cantonales du PS. Le 9 mars, fustigeant cette démarche allant «à l’encontre des intérêts du parti», le Parti socialiste vaudois a exclu le candidat dissident. Lequel a formé son groupe ad hoc pour l'élection, convaincu qu'il pourrait l'emporter.

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Une pension qui passe mal

Pierre Chiffelle a siégé à l'exécutif de Vevey dans les années 1990, avec le radical Yves Christen, une période encore vue comme un âge d'or par certains Veveysans. Passé au Conseil d’État, il a démissionné pour raisons de santé en 2004.

La pension qu'il touche en tant qu'ancien ministre cantonal lui a toujours été reprochée, d'autant qu'il n'a pas économisé ses forces. Notamment au service de la fondation de Franz Weber, pour laquelle il s'est fait l'infatigable contempteur des résidences secondaires.

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Un chef informel de l'opposition locale

Ces dernières années, Pierre Chiffelle ne s'est pas déconnecté de sa ville, au contraire: il est régulièrement intervenu, souvent pour critiquer les choix de l'exécutif local. Malgré cette présence, la question de la pension a certainement pesé lourd dans les votes rendus ce dimanche. Sans doute aussi, l'avocat a-t-il surestimé sa popularité dans la ville. Ses propos en matière de santé, laissant entendre que la charge de municipal est assez légère pour être assumée malgré quelques difficultés, n'ont pas arrangé son argumentaire de campagne.

Dès lors, son fracassant, et solitaire, retour en politique paraît faire long feu.

Trois sortants, une surprise

La municipalité comprendra trois sortants, Elina Leimgruber, qui battait pavillons Verts et PS, Jérôme Christen (Vevey Libre et Alliance du Centre) ainsi qu'Etienne Rivier (Entente veveysanne).

La surprise vient de l'élection d'un deuxième membre de Vevey libre, le mouvement créé par Jérôme Christen: Michel Agnant entre dans le collège municipal. De même que le PS (allié aussi aux Verts) Lionel Girardin. Ainsi, Vevey sera ainsi dirigée par un quintet particulièrement centriste.

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