Une plaquette accrochée au mur indique: «En souvenir de Louis Eckert (1897-1970)». Dans la nuit du 7 août, l'incendie criminel qui a gravement endommagé une partie des bâtiments du cycle d'orientation du Vuillonnex, à Confignon, dans la campagne genevoise, devrait tourmenter jusque dans sa tombe le généreux donateur du terrain sur lequel a été édifiée l'école. Les dégâts sont évalués à un demi-million, sans compter les travaux de peinture qui pourraient se chiffrer à plusieurs dizaines de milliers de francs. A ce jour, les auteurs du méfait n'ont toujours pas été identifiés, mais l'enquête suit son cours.

A l'entrée de l'école, graffitis et tags habillent les murs. A l'intérieur, une forte odeur de suie importune. Les murs sont noirs, les faux plafonds métalliques arrachés et les câbles électriques fondus à de nombreux endroits. Selon Pierre Zillweger, collaborateur au sein de la Division de maintenance au sein du Département de l'aménagement, équipement et logement (DAEL), «il faudra enlever tous les câbles dont le coefficient de résistance à l'isolation ne correspond plus aux normes en vigueur. Il importera aussi de vérifier qu'il n'y ait pas de craquelures dans les dalles en béton.» Chance dans le malheur: les conduites de gaz étaient bien imperméables. Au plan de la santé, les laboratoires Zschokke sont en train d'analyser la teneur en acide chlorhydrique des suies.

Cet acte de vandalisme n'a pas, selon une habitante, suscité de vives réactions au sein de ce village genevois de 3000 habitants. Beaucoup ont appris la nouvelle par la presse. Le directeur du service de la scolarité pour le cycle d'orientation, Claude Goldschmid, se demande pourtant où s'arrêtera le vandalisme. «Désormais, on passe par les extrêmes avant de discuter. La notion de respect face aux personnes et au matériel a changé», précise-t-il. Il refuse toutefois de voir tout lien entre l'incendie criminel du cycle du Vuillonnex et les tensions qui ont marqué les débats relatifs aux réformes scolaires. Quoi qu'il en soit, les élèves n'auront pas droit à une prolongation des vacances d'été. La cheffe du Département de l'instruction publique, Martine Brunschwig Graf, assure que la rentrée aura bien lieu le 28 août. Ces jours, techniciens et nettoyeurs travaillent d'arrache-pied pour remettre les lieux en état. Du moins provisoirement.

Dans ce cycle d'orientation qui réunit près de 700 élèves des communes de la Champagne, l'un des quatre doyens de l'établissement, Pierre-Alain Flumet, ne dénote pas de problèmes particuliers. Selon lui, «la plupart des élèves viennent d'un milieu socio-économique plutôt privilégié». Le maire démocrate-chrétien de Confignon, Gabriel Praz, est d'avis que le collège sis sur sa commune n'a pas qu'une fonction purement scolaire. «C'est un lieu de rendez-vous qui draine des jeunes de toute la région, qu'ils soient adolescents ou même universitaires.» Le maire connaît les problèmes budgétaires de la police, mais déplore le nombre insuffisant d'îlotiers. Par le passé, une solution avait été trouvée avec la police, mais n'avait pas fait ses preuves. Aujourd'hui, une équipe mobile de travailleurs sociaux est en place depuis le mois de juin. Gabriel Praz souligne «qu'une bonne collaboration intercommunale s'est instaurée.» Et de confesser: «Nous ne disposons pas de solutions miracles.»