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Esther Mamarbachi avec, à gauche depuis le fond: la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, Christian Lüscher (PLR/GE) et Cristina Gaggini d'Economiesuisse: à droite: Céline Amaudruz (UDC/GE), Yvan Perrin (UDC/NE) et Jean Sanchez (MCG).
© @ Philippe Christin

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Criminels étrangers: les internautes de la RTS se défoulent sur le 2e écran d’«Infrarouge»

A l’occasion de la votation sur la deuxième initiative de l’UDC, plongée au cœur de la page Facebook et du compte Twitter de l’émission de débat diffusée le mercredi 20 janvier sur RTS Un

Le 28 février 2016, le peuple suisse devra se prononcer une deuxième fois sur le renvoi des criminels étrangers, cinq ans après avoir accepté une première initiative de l’UDC. Car estimant que la loi d’application tardait trop, ce parti a remis le couvert avec son initiative dite «de mise en œuvre». Résultat: un texte plus strict qui prévoit l’expulsion automatique des délinquants étrangers pour tout un catalogue de délits. Un sujet en or pour l’émission de débat de la RTS Infrarouge, qui inaugurait sa nouvelle case horaire ce mercredi peu après 21h. et que l’on peut revoir ici.

Sur le plateau, un panel de personnalités choisies à droite pour défendre le camp du «non», qui est aussi celui du Conseil fédéral: l’avocat et conseiller national PLR genevois Christian Lüscher (@CLuscher) et la directrice romande d’@Economie_suisse, Cristina Gaggini, aux côtés de la ministre de Justice et Police, Simonetta Sommaruga. En face, le camp du «oui»: la conseillère nationale AmaudruzCeline (UDC/GE); un fraîchement revenu aux affaires, président de l’UDC neuchâteloise, Yvan Perrin; et le député MCG genevois Jean Sanchez, retraité de la police.

Tout ce beau monde était donc réuni autour d’Esther Mamarbachi, énergique meneuse de débat, avec la possibilité pour les téléspectateurs de réagir en direct sur ce que l’on appelle désormais «le deuxième écran» – en l’occurrence la page Facebook de l’émission et le compte Twitter @RTSinfrarouge. Avec plus ou moins d’élégance, beaucoup de vulgarités et pas mal d’approximations, montrant par-là qu’un débat passionné et parfois chaotique n’aide pas forcément à se faire une opinion sur un sujet très «technique».

Mais bref, ne décourageons pas la parole citoyenne, qui a d’ailleurs reconnu qu’entendre et voir une conseillère fédérale dire à la fougueuse Céline Amaudruz: «Vous ne faites pas de différence entre un assassin, un violeur et un voleur de quelques bouteilles» était plutôt éclairant. De même pour Cristina Gaggini, qui s’est adressée à ses adversaires en leur disant que l’initiative visait «un marketing autour de l’anti-étranger». De même pour Christian Lüscher, avec qui beaucoup d’internautes ont reconnu regretter d’être «d’accord, pour une fois».

Contre les partisans du «oui», ceux qui se sont exprimés n’ont guère été tendres, particulièrement envers l’UDC genevoise, «la plus grande donneuse de leçon de la planète», copieusement insultée; et envers son collègue neuchâtelois, très mal accueilli à l’occasion de son retour en politique. Mais la vox populi qui s’est manifestée pour emboîter le pas de l’UDC n’est pas en reste, qui a souvent confondu permis B et délits d’étrangers «en goguette» en Suisse. Avec tout le monde dans le même sac: petits délinquants, cambrioleurs, chauffards, violeurs, meurtriers, dealers.

Sur Facebook, Infrarouge a «saucissonné» l’émission, pour en proposer plusieurs extraits marquants en vidéo. Et, là encore, les commentaires se distillent à l’emporte-pièce. Les délinquants? «C’est D-E-H-O-R-S par les c… s’il le faut.» L’insécurité à Genève? On y a vécu «des années noires, des années de non-droit, ou l’angélisme de la gauche et le pragmatisme machiavélique de la droite ont fait le lit de l’extrême droite».

L’accueil en Suisse? «Comment voulez-vous qu’un étranger en terre étrange puisse s’intégrer, quand il est rejeté d’office par une majorité?» Simonetta Sommaruga? «Cette femme n’a rien à faire au Conseil fédéral et elle le prouve une fois de plus.» Les délits? «Un Suisse doit être puni, un étranger doit retourner chez lui pour y être puni.»

Conclusion après ce débat, fatiguant à force de déraper, d’aborder des questions hors sujet et d'offrir une tribune aux idéalistes qui ont classé une fois pour toutes les représentants de l'UDC au rang des fascistes et des racistes? On la laissera à cette internaute qui s’adresse à ses «chers compatriotes». «Il est important, écrit-elle, que chacun réfléchisse calmement à cette situation, ne mélange pas tout et s’informe en profondeur. Car oui, on a le droit de ne pas tout savoir, et ce sujet-ci est compliqué. Par contre surtout, surtout, évitons de réagir émotionnellement, à l’emporte-pièce.» Comme souvent sur les réseaux sociaux.

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