Une crise majeure frappe l’Hôpital fribourgeois. Sa directrice Claudia Käch quitte son poste, a annoncé ce matin la radio RTS. Un audit ravageur sur le fonctionnement de l’hôpital doit être publié en fin d’après-midi.

Selon la RTS, Claudia Käch avait été embauchée pour redresser financièrement l’hôpital, chroniquement déficitaire et surdimensionné pour un petit canton. Mais elle aurait fait le vide autour d’elle en provoquant le départ de cadres clés. Son départ a été convenu d’un commun accord avec le conseil d’administration.

Les parties ont convenu de ne faire aucun commentaire, a déclaré à l'agence ATS la porte-parole Jeannette Portmann. Il y aura une communication aux médias dans l'après-midi sur les conclusions de l'audit sur la gouvernance.

Seront présents devant la presse le président du conseil d'administration Philippe Menoud, le vice-président Pierre Aeby, et la conseillère d'Etat en charge de la santé Anne-Claude Demierre.

Cet audit annoncé l'été passé a été réalisé par un mandat externe, sur demande du conseil d'administration. L'examen devait porter sur le fonctionnement du conseil d'administration et du conseil de direction, ainsi que des différentes directions..

Un audit publié ce mercredi

L’audit qui doit être publié cet après-midi pointe des problèmes chroniques de gouvernance dans la gestion de l’hôpital. Ce dernier devrait enregistrer un déficit de 10 à 12 millions de francs pour 2017, alors qu’un trou de 21,3 millions est prévu en 2018, selon l'ATS.

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Selon les spécialistes, la gestion de l’hôpital est trop politisée. Le personnel – environ 3300 collaborateurs – jouit du statut d’employés de l’Etat, ce qui implique un surcoût de 5 à 6 millions de francs par année du fait de l’indexation des salaires prévue par la CCT du secteur public.

Des sites surdimensionnés

Certains sites comme celui de Riaz sont aussi jugés largement surdimensionnés. L’hôpital emploie trop de personnel par rapport au volume de soins et la durée des hospitalisations y est supérieure à la moyenne suisse.

La conseillère d’Etat Anne-Claude Demierre siège dans son conseil d’administration, alors qu’elle est responsable d’établir la liste hospitalière qui impacte directement les cliniques privées concurrentes en déterminant quels établissements sont reconnus par l’assurance maladie obligatoire.