C'est un effet pervers de la loi sur l'assurance maladie (LAMal): elle incite les caisses à pratiquer la chasse aux bons risques. Par exemple en démarchant les jeunes en bonne santé ou en mettant en place des procédures de remboursement plus chicanières. La compensation des risques entre caisses, accusent les économistes, ne permet pas une réelle mise à niveau entre les assurances à bon profil de risques et les autres. Basée sur l'âge et le sexe des assurés, elle ne tient pas compte d'une catégorie peu nombreuse mais financièrement lourde: les personnes jeunes atteintes de maladies chroniques. Sa révision est donc à l'ordre du jour.

La deuxième caisse de Suisse, CSS, milite activement pour cette révision. Comme les autres caisses «receveuses» dans le mécanisme de compensation, elle estime être insuffisamment dédommagée. Elle a publié au mois d'avril une étude qui concluait notamment à la nécessité d'un système plus équitable. Elle est revenue à la charge jeudi dans le cadre d'un séminaire organisé à l'intention des médias.

Vers un changement de système?

Dpéjà importantes aujourd'hui, analyse l'économiste de la santé Willy Ogier, les distorsions liées à la sélection des risques risquent d'augmenter à l'avenir: la suppression de l'obligation de contracter, ainsi, peut fournir un moyen de plus aux caisses désireuses d'éloigner les assurés coûteux.

Pour éviter cette évolution, la CSS propose d'introduire de nouvelles variables dans le mécanisme de compensation. La plus simple à utiliser est celle des hospitalisations encourues par les assurés dans l'année précédente: statistiquement, elles permettent de prévoir un coût par assuré doublé par rapport à celui de personnes non hospitalisées. Les diagnostics devraient également être pris en compte, notamment à travers l'utilisation de médicaments liés à certaines pathologies chroniques comme le diabète.

Pratiqué notamment aux Pays-Bas, ce système a été examiné par un groupe d'experts mandaté par la caisse. Ils se montrent convaincus de sa plus grande fidélité à la véracité des coûts.

Reste à convaincre les décideurs politiques que cette qualité l'emporte sur la simplicité du système actuel, cher aux caisses qui ont su s'assurer un bon profil de coûts.