Genève

La culture et les associations à la fête

Les citoyens de la ville de Genève ont refusé à plus de 60% les coupes budgétaires votées par la majorité de droite du Conseil municipal en décembre dernier

Un message limpide. Appelés à se prononcer sur des coupes budgétaires votées en décembre dernier par la majorité de droite du Conseil municipal, les citoyens de Genève ont dit un grand non, dimanche, au régime minceur imposé à la culture et aux associations.

Deux grands non, pour être plus précis, puisque les Genevois se prononçaient sur deux référendums contre des économies de quelque 7,5 millions de francs. La réduction linéaire de 2% des subventions à la culture et au social (assortie d’une coupe de 10% dans les fonds généraux pour la culture émergente) a été refusée à 61,68%. Quant à la coupe, linéaire toujours, de 2,5% dans les achats de biens et de services, elle a été refusée à 60,31%.

Pour les référendaires, ce résultat a valeur de triomphe. A l’image d’une campagne emmenée par le mouvement «La Culture Lutte» et menée tambour battant par les partis de gauche et tout ce que Genève compte d’acteurs culturels, associatifs et syndicaux. «Le message envoyé par la population est clair, se félicite le président du PS de la Ville de Genève, Olivier Gurtner. La population veut une ville qui vit, qui réunit les gens et qui protège les plus faibles. Elle ne veut pas d’une ville clivante, réservée à ceux qui ont de l’argent». Et de prévenir ses adversaires: «La droite doit entendre que la municipalité ne peut pas être gérée comme un fond spéculatif.»

L’exécutif municipal accueille lui aussi le résultat avec soulagement. Et pour cause: les coupes votées par la droite élargie étaient une attaque frontale d’un budget excédentaire voté à l’unanimité par l’exécutif. Grande argentière municipale, Sandrine Salerno (PS) salue «un vote de confiance pour la politique du Conseil administratif et pour sa gestion financière. Le score de plus de 60% dépasse largement les 44,2% de la base électorale de l’Alternative (PS, Verts et Ensemble à Gauche).» Pour Sandrine Salerno, le résultat est ainsi un «soutien d’ensemble aux acteurs sociaux et culturels, mais aussi au travail de l’administration publique».

L’exécutif genevois a «pris acte du fait que nous vivons dans un régime de cohabitation entre un Conseil administratif à majorité de gauche et une majorité de droite au Conseil municipal, poursuit la socialiste. Mais il faut sortir de la confrontation. La prochaine étape, c’est le budget 2017. Avant d’autre grands enjeux financiers. Plutôt que d’attendre d’être convoqués par la Commission des finances pour une discussion qui n’a pas lieu, nous voulons ouvrir une vraie plateforme de discussion avec l’ensemble des partenaires, dont le Conseil municipal. De la parole aux actes maintenant, nous devons assumer notre leadership.»

Seul magistrat de droite au sein de l’exécutif, le PDC Guillaume Barazzone (PDC), maire de Genève depuis 5 jours souligne, lui, que «les sommes qui avaient été bloquées suite aux coupes votées par le Municipal vont être débloquées et versées rapidement aux associations qui les attendent».

Défaite dimanche, la droite n’a pas dit son dernier mot pour autant. «Aujourd’hui, avec des coupes linéaires et face à un front qui allait de Florence Notter [la présidente de l’Orchestre de la Suisse romande] à Fabienne Abramovich [cheville ouvrière de «La Culture lutte»], nous ne pouvions que perdre, admet le PLR Adrien Genecand. Mais nous allons remettre l’ouvrage sur le métier et procéder autrement. Parce que la tendance est mauvaise et l’économie va moins bien, qu’on le veuille ou non.»

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