Commentaire La culture orale de l’Etat

L’Etat du Valais est contraint par les «affaires» de préciser son fonctionnement. Dans l’affaire Giroud, personne n’avait jamais clarifié les règles de récusation et de déclaration des liens d’intérêt pour les conseillers d’Etat. La commission d’enquête parlementaire sur l’Hôpital du Valais, publiée la semaine dernière, révélait que Maurice Tornay a tenu de nombreuses séances sans procès-verbaux. L’habitude semble courante dans plusieurs départements, mais se révèle peu efficace quand il s’agit de justifier ses actions dans un dossier. Jeudi, ce sont des approximations du même type qui sont révélées par le rapport de Luke Gillion sur l’affaire Cleusix: manque de demande claire et formelle au chef du Service de l’enseignement de régler son problème fiscal, commission d’enquête disciplinaire pas adaptée pour répondre des dysfonctionnements internes à l’administration. L’Etat n’avait d’ailleurs pas envisagé une enquête disciplinaire, mais y a été contraint par le Grand conseil. C’est que les procès-verbaux, les enquêtes internes formelles, les déclarations d’intérêt relèvent d’une culture politique moderne. L’Etat du Valais reste encore souvent fidèle à une culture de l’oralité basée sur la confiance et sur une absence de contestation de ses décisions. Cela le dessert de manière dramatique en cette période de conflits politiques.