«Vive la musique mais pas comme ça!» C’est avec ce slogan que les opposants lancent leur référendum contre la future Cité de la musique, ambitieux ensemble architectural conçu pour abriter l’Orchestre de la Suisse romande (OSR), la Haute école de musique (HEM), ainsi qu’un parc public. Un «paquebot de béton», «élitiste», «mégalo» et «coûteux»: à entendre ses détracteurs, le projet prévu dans le quartier des Nations a toutes les tares. De fait, le comité référendaire regroupe des personnalités diverses, qui n’ont pas toujours l’habitude de militer ensemble. Du côté politique, l’UDC, le Parti du travail et Ensemble à gauche sont ainsi engagés aux côtés d’associations de protection du patrimoine et de l’environnement mais aussi d’habitants et d’artistes indépendants. Un front éclectique qui mise, comme lors du vote sur la rénovation du Musée d’art et d’histoire en 2016, sur une logique: le cumul des oppositions. Opposés au projet au Conseil municipal, les Verts doivent encore se prononcer en assemblée générale lundi prochain.

Compte tenu de la pandémie, le comité entend demander une extension du délai référendaire, pour l’heure fixé au 24 novembre, afin de récolter les 3200 signatures requises. «Un refus serait très inquiétant pour la démocratie», prévient Maria Perez, conseillère municipale PdT, inquiète que des privés «dictent» la politique culturelle de la ville. «Le bâtiment principal, devisé à 300 millions de francs, a beau être financé par des mécènes, le coût de fonctionnement annuel, estimé à 13 millions, risque d’asphyxier la ville, qui porte déjà à bout de bras l’offre culturelle. Tout ça pour un projet qui ne répond pas aux besoins de la population.»