La statistique 2016 de la criminalité suisse met en évidence une hausse inquiétante dans deux domaines: la soustraction de données numériques (+26%) et l’accès indu à un système informatique (+23%). Mais la cybercriminalité ne se résume pas à ces deux chapitres.

Dans le canton de Vaud, la police constate que 60% des escroqueries sont commises sur internet. Petites annonces et locations d’appartement sont les arnaques privilégiées. La Police cantonale fribourgeoise par exemple note qu’entre 2012 et 2016, les escroqueries liées à internet ont augmenté de 304%.

Parmi les affaires récentes, Martial Pugin, chef de la communication, mentionne le cas de trois personnes ayant utilisé plusieurs pseudonymes pour passer des commandes d’articles, sans jamais les payer. Une victime a également perdu plusieurs milliers de francs suisses dans l’achat d’un chien de race en provenance d’Afrique. Enfin, un citoyen a été victime de «sextorsion». L’astuce consiste à pousser l’internaute à se déshabiller devant une webcam, puis à menacer de diffuser les images si une somme d’argent n’est pas versée. Martial Pugin estime que les statistiques ne reflètent de loin pas toutes les arnaques. «On estime que 10% des cas seulement sont dénoncés.»

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L’ère du «cryptolocker»

L’Office fédéral de la police (Fedpol) présentera la semaine prochaine son rapport annuel 2016. Au chapitre de la cybercriminalité, une des priorités de l’office, le constat est le même: les cas d’arnaques sont en constante augmentation. Après les annonces d’héritage providentiel ou encore les appels au secours dans le seul but d’attirer le poisson dans le filet, la grande tendance est l’utilisation de «cryptolocker». Il s’agit d’un maliciel qui, introduit dans un ordinateur, crypte toutes les données qu’il contient. La victime se verra ensuite proposer le déblocage de l’appareil contre le versement d’une rançon.

Porte-parole de Fedpol, Cathy Maret confie également que les arnaques, comme le «phishing» qui consiste à collecter abusivement des données personnelles, étaient naguère facilement repérables. Les courriers contenaient de grossières fautes d’orthographe. C’est de moins en moins le cas. Les techniques utilisées sont toujours plus élaborées, donc toujours plus crédibles, indique-t-elle.