«Je côtoie beaucoup d'étrangers à l'école où je travaille. Le quartier où elle se trouve est très populaire. Certaines années, les enfants étrangers constituent 75% à 80% de la classe. Forcément, tant avec les parents qu'avec leur progéniture, je suis confrontée à la question de la langue – il faut parfois faire appel à des interprètes. Parfois aussi, la barrière est culturelle. Depuis huit ans que j'enseigne ici, ça a toujours été le cas.

Surprise? Oui, au début, quand par exemple il y avait un seul enfant suisse sur toute ma volée. Mais ça n'a jamais posé de problème. Il y a tellement de choses à gérer dans une classe que ça n'est qu'un détail parmi d'autres. Ce qui rend les choses parfois difficiles, c'est que les enfants sont le reflet d'une famille, et que la dynamique familiale peut entrer en conflit avec l'enseignement. Mais ça ne concerne de loin pas que les étrangers. C'est une question de culture, et la culture n'est pas la nationalité. Et puis tout est tellement magique avec les enfants que la cohabitation se passe très bien. Autant dire que je ne pense pas qu'il y ait une limite chiffrable au-delà de laquelle le nombre d'étrangers est insupportable. Quantifier l'humain est une aberration. Si je me mets à leur place, je peux comprendre que certaines personnes aient peur du «trop». En revanche, j'ai de la peine à l'accepter.»

Propos recueillis par A. W.