Fribourg

Damien Piller fragilisé dans son conflit avec Migros

Le comité coopératif de Migros Neuchâtel-Fribourg a demandé la démission de son président, accusé de possible gestion déloyale. Les avocats de l’homme d’affaires fribourgeois continuent de dénoncer «une cabale» orchestrée depuis Zurich

L’étau se resserre autour de l’homme d’affaires Damien Piller, président de Migros Neuchâtel-Fribourg (MNF), dans le conflit qui l’oppose au siège central de l’entreprise à Zurich. Le week-end dernier, plusieurs médias alémaniques sont revenus sur différents rebondissements qui fragilisent la position du promoteur fribourgeois, accusé de possible gestion déloyale.

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Samedi, l’Aargauer Zeitung ouvrait les feux, révélant ainsi que, le mercredi 4 septembre, le comité coopératif de MNF avait retiré sa confiance à une large majorité (33 voix pour, une contre et une abstention) à Damien Piller, ainsi qu’à l’ensemble de ses collègues du conseil d’administration qui l’ont soutenu. Un tel vote de défiance demeure sans équivalent dans l’histoire du géant orange.

Une première démission

Le lendemain, la SonntagsZeitung revenait à son tour sur la démission avec effet immédiat d’Elena Wildi-Ballabio, membre depuis dix ans du conseil d’administration de MNF. Le départ de la Neuchâteloise, ancienne présidente de la commune de Marin-Epagnier et actuelle secrétaire de direction du conseiller fédéral Ignazio Cassis, connue pour son indépendance, est un coup dur porté à la défense de Damien Piller.

Face à ces révélations, les avocats de Damien Piller ont rapidement contre-attaqué, dénonçant dans un communiqué de presse «un acharnement» contre leur client orchestré depuis les bords de la Limmat. «Les attaques de la Fédération des coopératives Migros (FCM) à Zurich ont pour but de museler un président trop influent qui a eu le tort […] de soutenir les petites coopératives régionales que la FCM veut affaiblir, écrivent André Clerc et Albert Nussbaumer. Cette cabale vise à l’éliminer en le discréditant publiquement.»

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Pour les avocats de l’homme d’affaires, le vote du comité coopératif n’est qu’une mise en scène et cette instance n’avait selon eux «aucun pouvoir de prendre une telle décision». Ils ont également déposé plainte pour diffamation. Reste que ce nouvel épisode ne fait que durcir encore davantage les fronts dans une affaire sensible qui a plongé Migros dans la tourmente depuis le 1er juillet. A cette date, le siège de la société déposait plainte pénale auprès du Ministère public du canton de Fribourg contre Damien Piller, inamovible président de la coopérative régionale depuis 1996.

«No comment» de Zurich

Au cœur des soupçons, notamment, deux factures de 800 000 francs jugées injustifiées dans le cadre de la construction des magasins Migros à Belfaux et à La Roche, en 2014 et 2015. Des accusations que Damien Piller rejetait, le 27 août dernier, se basant sur un audit indépendant qui l’innocenterait des accusations d’enrichissement personnel.

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Contactée ce lundi, la FCM à Zurich continue de ne vouloir «commenter aucun détail de l’affaire, afin de ne pas influencer l’indépendance de la procédure et par respect de la présomption d’innocence», selon les mots de Christoph Rytz, porte-parole de la société. Ce dernier précise que tous les documents ont été remis à la justice fribourgeoise, à qui il reviendra de trancher au final. Affaire à suivre.

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