Daniel Graf a décidé de faire passer la démocratie à la vitesse supérieure. Au centre de cette idée, un outil: internet. Et un site: WeCollect. Créé en 2016, le portail permet de récolter des signatures en ligne pour lancer initiatives et référendums. Les paraphes ne sont certes que théoriques, mais ces «promesses d’engagement» s’avèrent souvent tenues. Congé paternité, élevage intensif, mitage du territoire, le portail a déjà fait aboutir plus d’une vingtaine d’objets depuis sa création. Portrait d’un homme qui a acquis la force d’un parti.

«Je connais bien Davos»

«Enfant de l’aéroport» («Flughafenkind»), comme il se définit lui-même, Daniel Graf grandit à l’ombre des avions dans la commune de Rümlang, qui accueille une partie des pistes de Kloten. Son père travaille dans un laboratoire, sa mère est téléphoniste. «Très vite», il part vivre à Zurich, où il étudie l’histoire. Engagé à gauche, il devient militant dans le cadre de ses études et rejoint les mouvements contestataires anti-globalisation des années 1990. «C’était l’époque des émeutes de Seattle», se souvient-il. La grogne populaire touche également la Suisse, notamment lors du Forum économique de Davos. «Je connais bien l’endroit, sourit Daniel Graf. J’ai commencé par aller y manifester et quelques années plus tard j’étais de l’autre côté de la barrière pour Amnesty International.»