«Je suis enchanté de ce résultat, même si j'ai perdu mon pronostic. J'espérais en effet être en tête et peut-être passer avec un peu plus de 50% des voix, mais je ne pensais pas faire un tel score», commente Daniel Rossellat après l'annonce de sa victoire à la syndicature de Nyon. Phénomène encore jamais vu dans le canton, le candidat hors parti soutenu par les Verts a recueilli au premier tour 60,34% des voix (2888 suffrages), contre 27,28% (1306) pour Fabienne Freymond Cantone et 11,61% (566) pour le popiste Claude Dupertuis. La participation s'est élevée à 48,15%.

«C'est la gauche qui m'a fait entrer à la Municipalité, mais c'est la droite qui m'a permis de devenir syndic», explique le nouvel élu. En effet, le 28 septembre dernier, le patron du Paléo Festival est élu à l'exécutif nyonnais alors qu'il n'a jamais fait de politique auparavant. Il obtient, à trois voix près, la majorité absolue et entre de justesse à la Municipalité face au radical Maurice Gay et au popiste dissident Jean Meyer. Ce résultat, en dessous de ses attentes, ne l'empêche pas de penser déjà à la syndicature.

Cette fois-ci, c'est une nette victoire pour le candidat hors parti, qui a bénéficié du soutien des Verts, mais aussi d'une grande partie de la droite, qui devait choisir parmi trois candidats de gauche. «C'est mathématique. Je ne pouvais pas recueillir autant de voix que lui», confie Fabienne Freymond Cantone, qui espérait tout de même un ballottage général. La socialiste estime qu'elle n'aurait rien pu faire de plus. «Daniel Rossellat est un candidat hors norme qui a bénéficié d'une très grande visibilité. Il n'y a pas de justice en politique.»

La victoire de l'entrepreneur à la syndicature bouscule les habitudes de la région. Très populaire, mais sans expérience politique préalable, il semble serein face à son nouveau mandat: «Je suis sans appréhension. C'est un honneur, mais je suis conscient de la lourdeur de la charge. Je vais commencer avec humilité et sans préjugé.» Le nouveau syndic est resté relativement vague sur ses priorités, voulant se donner le temps de débuter son mandat.