GENÈVE

Daniel Zappelli, élu procureur général à 138 voix près

Bernard Bertossa souhaite bonne chance à son successeur qui a été élu avec un infime écart.

Daniel Zappelli a finalement été élu au poste de procureur général à l'issue d'un second dépouillement et avec seulement 138 voix d'écart sur son rival Jean-Bernard Schmid. «Je souhaite bonne chance à mon successeur», a déclaré Bernard Bertossa en relevant qu'il n'y a pas véritablement de vainqueur ou de vaincu à l'issue d'un scrutin aussi serré mais plutôt une majorité due au hasard. «La difficulté pour le nouveau procureur général, c'est qu'il devra assumer le 100% de la victoire», a ajouté le magistrat qui quittera son fauteuil le 31 mai prochain.

Le suspense a pris fin lundi. Une quarantaine de personnes, dont des contrôleurs issus des partis, ont procédé à une récapitulation générale des bulletins. L'écart de 142 voix, ramené à 52 dimanche soir après un contrôle partiel dans des locaux considérés comme litigieux, a finalement été arrêté à 138. Le représentant de l'Entente l'a donc emporté avec 50,09% des voix contre 49,91%. Le nombre de voix (38 890 contre 38 752) était plus élevé que la veille. «Quelque 60 bulletins litigieux, déclarés auparavant nuls ou douteux, ont été validés. Le hasard a fait qu'ils ont été attribués à parfaite égalité entre les deux candidats. Plus de 200 autres avaient été égarés, oubliés, pas ou mal comptabilisés», a expliqué le chancelier Robert Hensler.

Et ce dernier d'ajouter: «Le dépouillement dans les locaux par des miliciens augmente le taux d'erreur. Nous allons proposer d'appliquer systématiquement le système du dépouillement centralisé, plus fiable, aux élections judiciaires.» Rappelons que ce second décompte avait été décidé le soir du scrutin en raison d'un score exceptionnellement serré et pour lever tous les doutes. En cas de parfaite égalité, ce qui s'est produit dimanche à un moment du décompte, la loi prévoit que le plus âgé est élu. Dans ce cas, Jean-Bernard Schmid aurait eu largement l'avantage. Enfin, en cas, certes rarissime d'égalité des voix et des âges, c'est la Chancellerie qui tire au sort le nom du vainqueur.

Au Palais de justice, on ne peut pas dire que l'ambiance est à la liesse. Le représentant de l'Alternative était sans doute le favori de la magistrature. L'élection du radical était toutefois attendue avec un certain fatalisme. La nouvelle la plus réjouissante, toutes tendances confondues, a été un taux de participation inespéré de 36,64% qui redonne au pouvoir judiciaire un peu de tonus après une période où les querelles internes ont laissé place à la lassitude. «Bernard Bertossa a donné une aura particulière à une fonction qui paraissait inodore et incolore, et le candidat qui incarnait la continuité de son action a fait un excellent score. De quoi mettre sous pression le successeur nouvellement élu pour qu'il tienne ses promesses et ne remette pas en cause les acquis de cette politique criminelle», estime Me David Lachat. De son côté, Bernard Bertossa ne croit pas à un virage à 180 degrés: «Des réorientations sont toujours possibles pour donner des gages à ceux qui souhaitent voir le Parquet mettre son énergie ailleurs. Mais une chose est sûre: il n'est plus possible de conduire une politique sans visibilité. Les citoyens ne s'accommoderont pas de non-décisions ou de classements prononcés dans la clandestinité.»

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