Genève

Daniel Zappelli lâché par ses quatre adjoints

Les quatre premiers procureurs quitteront leur fonction de chef de section d’ici à la fin de l’année. La crise s’aggrave au sein du Ministère public dont le patron, Daniel Zappelli, se retrouve de plus en plus fragilisé

Avis de tempête au sein du Ministère public genevois. Les premiers procureurs Michel-Alexandre Graber et Nathalie Magnenat-Fuchs ont aussi décidé de quitter leur fonction de chef de section tout en restant au sein du Parquet. Ces démissions font suite à celles de leurs collègues Diane Kronbichler et Alix Francotte-Conus, intervenues en début de semaine. Le procureur général Daniel Zappelli, lâché par ses adjoints en raison d’un manque de leadership et d’une politique pénale jugée confuse, se retrouve désormais dans une position très difficile. Il a prévu de s’exprimer devant les journalistes cet après-midi. Le patron du Parquet a déjà adressé un message à ses troupes en début d’après-midi pour regretter ces nouvelles démissions, a appris Le Temps. Il a également promis de mener une réflexion en profondeur à bref délai, pour améliorer la situation, et reconnu qu’il n’avait pas réussi à faire aboutir ses projets.

La crise s’aggrave au sein de cette juridiction qui affronte depuis le début de l’année une profonde réorganisation liée à l’introduction du nouveau code de procédure pénale. Les premières lettres de démission, dont des extraits ont été révélés jeudi par Le Temps, mentionnent expressément «le manque de conduite dont souffre le Ministère public», «la dégradation catastrophique de son efficacité et des conditions de travail à tous les échelons» et le manque d’appui permettant de changer cette évolution négative. La surcharge, la démotivation ou les convenances personnelles n’ont donc rien à voir avec ces décisions. Des lettres qui ont également été transmises au Conseil supérieur de la magistrature, dont la tâche est aussi de se pencher sur le bon fonctionnement des diverses juridictions.

Les motifs, tels qu’exprimés ce matin par Michel-Alexandre Graber à l’intention de sa section, seraient plus modérés. Ce dernier a fait part d’un dysfonctionnement général dont la responsabilité serait partagée.

Les premiers procureurs sont élus par un collège formé du procureur général, du vice-président de la Cour de justice en charge du pénal, du président du Tribunal pénal et de deux magistrats du Parquet désignés par leurs pairs (la désignation par le seul procureur général ayant été abandonnée par une majorité du Grand Conseil au moment de voter la loi d’organisation). Ils dirigent les quatre sections et les 31 «simples» procureurs qui y travaillent. Le tout forme ce nouveau grand Ministère public né, en janvier 2011, de la fusion avec l’instruction.

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