genève

Daniel Zappelli en partance pour Dubaï

L’ancien procureur général irait s’installer dans les Emirats. Une reconversion qui fait déjà jaser

La nouvelle est sur toutes les lèvres dans les coulisses du Palais de justice et au-delà: l’ancien procureur général de la République, Daniel Zappelli, démissionnaire au 31 mars 2012, est en partance pour Dubaï. Selon plusieurs sources, il s’installerait dans la capitale des Emirats arabes unis comme consultant.

Contacté à Genève, Daniel Zappelli ne tient pas à commenter cette information: «Il y a un moment où on est un homme public et un autre où on ne l’est plus. Je réoriente ma carrière, voilà tout.»

Le départ de Daniel Zappelli pour Dubaï semble pourtant bel et bien acquis. «Oui, il part, je viens de l’apprendre de source absolument sûre, confie un avocat de la place, qui tient à garder l’anonymat. Il sera d’ailleurs beaucoup mieux là-bas qu’à Genève. Il a pris trop de coups ici. Donc il fiche le camp. C’est un ultime bras d’honneur à Genève. Il a reçu une offre convenable à Dubaï, il va bosser là-bas.»

Après dix années passées à la tête du Ministère public genevois et une fin de mandat pour le moins agitée – les démissions successives de ses quatre premiers procureurs, en octobre dernier, avaient contraint Daniel Zappelli à jeter l’éponge –, la reconversion de l’ancien procureur général ne coulait pas de source à Genève.

Lâché par les siens au cœur de la tourmente, les perspectives semblaient même un peu bouchées. «Je ne suis pas sûr que les propositions se bousculaient, glisse un autre avocat. Il n’y a pas 36 000 exemples de reconversions réussies pour les anciens magistrats à Genève. Les deux exceptions notables sont Maurice Harari [ancien juge au Tribunal de première instance redevenu avocat] et Bruno de Preux [ancien magistrat redevenu avocat lui aussi].»

Certaines sources affirment que Daniel Zappelli serait déjà à la recherche d’un appartement à Dubaï, où il prévoirait de rester au moins cinq ans.

L’Emirat n’étant pas particulièrement réputé pour sa moralité fiscale – il fait partie des 42 «territoires à faible réglementation» identifiés par le Groupe d’action financière (GAFI) –, le choix de la destination fait déjà jaser à Genève.

L’avocat Charles Poncet, le seul à accepter d’être cité, ne mâche d’ailleurs pas ses mots: «Dubaï? C’est une place financière grise et connue pour sa complaisance à l’égard de l’argent douteux. S’il était vrai qu’un ancien Procureur général de Genève – à peine «remercié» dans les circonstances que l’on sait – s’y précipite pour «travailler», ce serait lamentable et honteux. Vous voyez Bernard Bertossa s’installer à Palerme comme «consultant»?»

Une pique que balaie l’un des avocats cités ci-dessus, comme pour défendre l’ancien magistrat: «Qu’il aille à Dubaï, à Londres ou à Hongkong, ça ne change rien. C’est toujours en Suisse que l’on blanchit le plus d’argent.»

«Vous voyez Bernard Bertossa s’installer à Palerme comme “consultant”?»

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