Le cri d’alarme des milieux scientifiques, académiques et de la formation a été entendu. Le Conseil des Etats a revu à la hausse l’enveloppe financière pour l’apprentissage, les Ecoles polytechniques fédérales, les universités, les hautes écoles et la recherche. Pas autant que les concernés souhaitaient, mais il s’agit d’un compromis qui tient autant compte de l’importance de ce domaine pour la Suisse que des soucis budgétaires de la Confédération.

Le Conseil fédéral proposait une enveloppe de 26 milliards de francs pour les années 2017 à 2020. Un montant accepté en juin par le Conseil national. Lundi déjà, les sénateurs ont fait comprendre qu’il fallait aller au-delà. 26 milliards représentent certes un montant supérieur au précédent crédit-cadre mais ne tiennent pas compte de l’augmentation du nombre d’étudiants, de la concurrence internationale, du défi de la numérisation. «La recherche et l’innovation sont la matière première de la Suisse», ont plaidé plusieurs sénateurs. Pour Ruedi Noser (PLR/ZH), «un franc dépensé pour les écoles polytechniques vaut mieux qu’un franc alloué à un programme conjoncturel».

Les EPF y gagnent

Message entendu. Lundi, 100 millions supplémentaires ont été alloués pour la formation professionnelle, ce qui porte son crédit-cadre à 3,4 milliards. Mardi, le montant de 10,2 milliards prévu pour les EPF a été augmenté de 160 millions. Les hautes écoles disposent de 95 millions de plus, soit de près de 5 milliards. Les travaux de recherche réalisés dans des établissements qualifiés d’importance nationale, le campus Biotech à Genève par exemple, seront soutenus à hauteur de 422 millions, soit 40 millions de plus. 395 millions viennent ainsi gonfler le crédit initial de 26 milliards.

Le Conseil national doit confirmer ces montants. Mais la version qui ressort du Conseil des Etats semble satisfaire tout le monde étant donné les confortables majorités qui se sont dégagées. «Contrairement à la commission du Conseil national, nous n’avons pas opté pour une hausse globale mais sur des interventions ciblées correspondant à nos priorités, à savoir la formation professionnelle, la relève scientifique, la médecine humaine et l’innovation», explique Géraldine Savary (PS/VD). Des priorités que personne ne conteste et qui ont permis d’avoir le soutien des partenaires sociaux. Sauf d’une partie de la droite. Le Glaronais Thomas Hefti (PLR), estime par exemple qu’on «peut obtenir les mêmes calories dont nous avons besoin en diminuant le chocolat».

Fathi Derder (PLR/VD) espère cependant que le Conseil national se rallie à la majorité du Conseil des Etats. Il défendra en tout cas cette option. «En rester à 26 milliards met en péril certains programmes», assure-t-il, conscient que malgré tout, rien n’est acquis et qu’il faudra chaque année défendre ce budget.