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A Davos, Alain Berset défend l’approche suisse sur l’accord institutionnel

Avec trois autres membres du Conseil fédéral, le ministre socialiste a multiplié les contacts, notamment avec des ministres de la Santé. Il a aussi mis en avant l’expertise suisse en matière de culture du bâti avec la directrice de l’Unesco, Audrey Azoulay

A Davos, le Conseil fédéral est venu en force. Chef du Département fédéral de l’intérieur (DFI), Alain Berset a multiplié les rencontres, notamment avec Jens Spahn, Bruno Bruins et Matt Hancock, respectivement ministres de la Santé allemand, néerlandais et britannique. Lors de ces entretiens bilatéraux, il a beaucoup été question des liens entre l’industrie pharmaceutique et l’Etat, mais aussi du dossier médical numérique des patients.

Le Fribourgeois a aussi longuement exposé le modèle suisse en lien avec les «proches aidants» et la gestion des personnes âgées de plus de 80 ans avec le ministre chilien Alfredo Moreno. Pour le ministre socialiste, le Forum économique mondial est un cadre très utile: «Après huit ans au Conseil fédéral, je le constate. Ce qui importe le plus, en fin de compte, ce sont les contacts humains directs.»

La question européenne omniprésente

Le conseiller fédéral n’a toutefois pas échappé à la question européenne, qui reste omniprésente. Ne souhaitant pas commenter les propos du commissaire européen Pierre Moscovici déclarant à la RTS que la «Suisse n’a plus aucune marge» de négociation, Alain Berset relève que la relation avec l’Union européenne était beaucoup plus tendue un an plus tôt. «Il y a cinq à six ans, je m’en souviens, il était beaucoup plus difficile d’expliquer à mes homologues étrangers la démocratie directe. Et, soulignons-le, en 2018, nous avons accompli de grands progrès.» Et le patron du DFI d’ajouter: «Nous voulons un accord institutionnel [avec l’UE] et cela passe par une consultation du peuple. C’est ainsi. Ces trois derniers jours, j’ai entendu beaucoup de compréhension de mes interlocuteurs, même si ceux-ci ont peut-être un autre agenda.»

Le conseiller fédéral socialiste ne s’est pas exprimé sur la polémique qui a éclaté mercredi à Davos quand le président de la Confédération Ueli Maurer, après une rencontre avec un ministre saoudien, a déclaré qu’il était prêt à normaliser les relations avec l’Arabie saoudite en dépit de l’affaire Khashoggi. Il prévoit même une visite d’Etat à Riyad. «Je ne commente pas les déclarations du président», insiste Alain Berset, laissant entendre qu’il incombait au Conseil fédéral de décider du futur de la relation bilatérale.

Candidature au comité exécutif de l’Unesco

Sous sa casquette de ministre de la Culture, Alain Berset a aussi longuement conversé avec la directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay. La Suisse y défend une candidature au comité exécutif de l’organisation basée à Paris. Elle entend surtout capitaliser sur la Déclaration de Davos de janvier 2018 signée par une trentaine de ministres de la Culture. L’Unesco étant très impliquée dans la reconstruction de villes décimées par des conflits, la Suisse veut faire profiter l’organisation de son expertise en matière de culture du bâti. «Il est logique que, de temps en temps, la Suisse accepte d’assumer davantage de responsabilités. Pour la Suisse, c’est aussi important de soutenir une organisation internationale et le multilatéralisme. C’est un garant de la stabilité internationale et de notre prospérité économique.»

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