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Alain Berset, Johann Schneider-Ammann et Ignazio Cassis, au Forum de Davos, le 26 janvier 2018.
© FABRICE COFFRINI / AFP Photo

Suisse-UE

A Davos, la cacophonie du Conseil fédéral sur l’Europe

Ce que la classe politique suisse veut éviter à tout prix s’est une nouvelle fois produit cette semaine: à Davos, quatre conseillers fédéraux ont donné leur avis, tous différents, sur l'UE. Un nouveau Monsieur Europe pourrait-il changer la donne?

Cette petite phrase, lancée en début d’année, sonnait comme un vœu politique pour 2018. «Sur l’Europe, il ne faut surtout pas deux pilotes dans l’avion et encore moins sept!», priait un parlementaire fédéral. Pour l’instant, ce vœu reste pieux. En une semaine, quatre conseillers fédéraux se sont exprimés publiquement sur la voie à emprunter face à l’Union européenne (UE) et surtout sur le calendrier à tenir, avec des avis différents, dégageant une impression de cacophonie.

Au niveau des partis comme du collège gouvernemental, on assiste à une communication très disparate sur la question européenne qui n’est pas dans notre intérêt. Nous ne pouvons pas continuer comme cela.

Beat Vonlanthen, conseiller aux Etats (PDC/FR)

Dimanche dernier, le président de la Confédération, Alain Berset, ouvrait les feux dans la NZZ am Sonntag. «Je ne fais pas partie de ceux qui pensent que la grande percée avec Bruxelles est pour bientôt», affirmait le socialiste. Mercredi, lors d’un point de presse à Davos, le nouveau ministre des Affaires étrangères, Ignazio Cassis, imaginait au contraire la conclusion d’un accord institutionnel avec l’UE dans un horizon court: «Idéalement, il faudrait pouvoir conclure avant le Brexit (ndlr: prévu le 29 mars 2019). Mais cela ne veut pas dire que nous devons tout accepter», a expliqué le PLR.

Lire aussi: Ces «moments» uniques au Forum de Davos

Vendredi, nouveau malaise: le ministre de l’Economie, Johann Schneider-Ammann, pourtant collègue de parti d’Ignazio Cassis, évoquait à la RTS un accord dans «un, deux, trois ans, dans tous les cas pas avant le Brexit». Dans la NZZ, le vice-président de la Confédération, Ueli Maurer (UDC), décrivait quant à lui de possibles alternatives à un rapprochement institutionnel avec l’UE. Et d’affirmer: «Un accord-cadre n’est pas possible dans un avenir proche.»

«Ce n’est pas dans notre intérêt»

Le malaise est encore amplifié par les déclarations faites par Ignazio Cassis cette semaine sur l’importance pour le collège de parler d’une seule voix. «Il est clair que nos interlocuteurs sont rusés. Par le passé, chaque différence au sein du collège gouvernemental a été exploitée», a-t-il déclaré à Davos selon des propos rapportés par le Tages-Anzeiger.

Les réactions n’ont pas tardé. Vendredi, le conseiller aux Etats Beat Vonlanthen (PDC/FR), tweetait, visiblement agacé: «Quand est-ce que le Conseil fédéral trouvera une voix commune?» Il s’explique: «Au niveau des partis comme du collège gouvernemental, on assiste à une communication très disparate sur la question européenne qui n’est pas dans notre intérêt. Nous ne pouvons pas continuer comme cela. Il est important que le Conseil fédéral détermine sa ligne la semaine prochaine puis qu’il s’exprime d’une seule voix.» Le conseiller national Marco Chiesa (UDC/TI) renchérit. «La confusion règne depuis un moment. Mais lorsqu’il y a confusion, moi je fais confiance à celui qui est le plus prudent, à savoir Ueli Maurer.»

Le rôle de Roberto Balzaretti

Participant lui-même au WEF, le conseiller national Claude Béglé (PDC/VD) plaide une circonstance atténuante: l’esprit de Davos. «Il est clair qu’il serait préférable que le collège parle d’une seule voix. Mais à Davos, c’est compliqué. Au fur et à mesure des rencontres, chacun des conseillers fédéraux communique sur un bilan intermédiaire qui est celui de l’expérience qu’il vient de faire.»

Sur la base des propositions d’Ignazio Cassis, le Conseil fédéral doit remodeler mercredi sa stratégie européenne. Le Tessinois communiquera à ce sujet jeudi, à l’occasion du bilan de ses cent jours, à Lugano. Selon nos informations, il réserve à Roberto Balzaretti, Tessinois comme lui, ancien ambassadeur à Bruxelles, un rôle clé dans le dossier européen. Le cahier des charges du haut fonctionnaire et son titre exact – chef de la Direction des affaires européennes, secrétaire d’Etat, coordinateur, etc. – reste à préciser.

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