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Davos, capitale diplomatique durant une semaine

Six ministres étaient dans la station grisonne cette semaine. Pour une moisson d’entretiens notamment avec les Européens

Cette semaine, ils étaient presque tous à Davos. Six des sept conseillers fédéraux ont fait le déplacement de la station grisonne pour participer au Forum économique mondial, une occasion unique pour multiplier les contacts au plus haut niveau.

«Chaque conseiller fédéral agende une dizaine de rendez-vous. Multipliez par six, cela fait l’équivalent de 60 voyages. Tout cela en trois jours, c’est colossal», explique un haut diplomate suisse. A cela s’ajoute les contacts informels, lors d’un panel de discussion, dans un couloir ou dans un café du village. Les secrétaires d’État étaient aussi présents lors de ces quatre journées où Davos se transforme en capitale de la diplomatie suisse.

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«La Suisse fait un emploi maximal de ce rendez-vous. Même si les discussions ne sont pas approfondies, cela permet d’aborder des sujets d’actualité. C’est en particulier le cas pour le dossier européen», souligne l’ancien ambassadeur François Nordmann.

Priorité à l’UE

Des relations bilatérales avec Bruxelles, il en a été en effet beaucoup question. La présidente de la Confédération, Doris Leuthard, qui a rencontré à elle seule douze chefs d’État, a ainsi pu s’entretenir avec le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic. Le ministre de l’économie, Johann Schneider-Ammann a pour sa part pu discuter avec trois commissaires européens, Frans Timmermans (vice-président de la Commission), Carlos Moedas (commissaire à la science, l’innovation et la recherche) et Günther Oettinger (commissaire au budget). Les diplomates en charge du dossier ont par ailleurs pu entendre de vive voix la première ministre britannique Theresa May après l’annonce de son plan de sortie de l’Union européenne la veille à Londres.

Didier Burkhalter a de son côté pu faire ses adieux à John Kerry, le Secrétaire d’État américain auquel il a remis en guise de cadeau une collection de documents diplomatiques portant sur la période du mandat de puissance protectrice de la Suisse entre les Etats-Unis et Cuba. Il a ensuite pu évoquer le rôle de puissance protectrice de Berne entre les Etats-Unis et l’Iran avec son homologue iranien Mohammad Javad Zariff. Il a enfin pu parler d’Europe avec la Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Federica Mogherini.

Bonne image

Ueli Maurer, également converti à l’exercice, s’est pour sa part entretenu avec le nouveau ministre argentin des finances, Nicolas Dujovne, dont le pays assurera la présidence du G20 en 2018. Son camarade de parti, Guy Parmelin, a eu une nouvelle occasion d’échanger avec la ministre allemande de la défense Ursula von der Leyen.

Ce ballet diplomatique suisse à Davos «n’est pas nouveau, mais il est devenu plus systématique depuis une dizaine d’années», complète François Nordmann. Durant le Forum, la séance hebdomadaire du Conseil fédéral est ainsi supprimée. Créé en 1971 par Klaus Schwab, le Forum de Davos s’est ouvert aux dirigeants politiques trois ans plus tard. Cette année, c’est le président chinois Xi Jinping qui en a été la vedette avec son discours d’ouverture consacré à la mondialisation. Un déplacement qui a été favorisé par Jack Ma, le directeur du géant du Net chinois Alibaba.com qui a fait partie du groupe des jeunes leaders du Forum.

«Le fait de pouvoir rencontrer tous ces responsables politiques dans son pays qui plus est dans un cadre idyllique, détendu, et par un temps magnifique a aussi son importance, note le haut diplomate. Cela donne une bonne image de notre pays. Cela a une certaine influence.»

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