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Jean-Claude Juncker le 16 janvier 2018 à Strasbourg.
© Frederick Florin

WEF

A Davos, Jean-Claude Juncker n’a pas de temps pour le Conseil fédéral

Le président de la Commission européenne, au WEF jeudi prochain, rencontrera Bill Gates, mais pas Alain Berset. Au final, cela pourrait malgré tout arranger Berne

L’annonce a jeté un froid dans la dernière ligne droite des préparatifs diplomatiques en vue du Forum économique mondial (WEF) de Davos. Alors qu’il se rendra jeudi prochain dans la station grisonne, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, n’a laissé inscrire à son agenda aucune rencontre officielle avec le président de la Confédération, Alain Berset, ou le vice-président, Ueli Maurer.

La Commission a fait savoir vendredi que le Luxembourgeois ne serait pas disponible pour cela. Le déplacement sera trop court. Jean-Claude Juncker restera seulement à Davos une journée, a expliqué une porte-parole de la Commission. Or deux rencontres sont déjà à son agenda, en l’occurrence avec l’entrepreneur et philanthrope américain Bill Gates et le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Le président de la Commission européenne interviendra également en plénière et aura un déjeuner de travail.

Lire également: Emmanuel Macron à Davos: «France is back», Alain Berset out

Il n’est cela dit pas exclu que le Luxembourgeois tombe sur l’un ou l’autre des conseillers fédéraux dans les couloirs du WEF de manière informelle, a ajouté la porte-parole. «Même Donald Trump a du temps pour la Suisse», réagissait vendredi à chaud un familier de la relation bilatérale, évoquant un affront, d’autant plus que la Confédération est le pays hôte du sommet grison.

Rencontre sollicitée par la Suisse

Un geste d’humeur? Ces derniers jours, certains observateurs à Bruxelles soulignaient à quel point Jean-Claude Juncker avait été surpris et blessé par la «campagne négative» qui a suivi sa venue à Berne le 23 novembre dernier. Une déception qui, selon eux, pourrait d’ailleurs être à l’origine de l’équivalence limitée à un an accordée en décembre aux bourses suisses. A la Commission européenne, on tenait cependant vendredi à écarter toute suspicion de mauvaise volonté, en rappelant que jusqu’à présent le président Juncker n’avait pas ménagé son temps pour rencontrer les présidents de la Confédération. Si aucune rencontre n’a lieu cette semaine à Davos, cela ne devra donc pas être pris pour une insulte, insistait-on.

Lire aussi: Un accord «d’amitié» annoncé au printemps

La venue extraordinaire de Jean-Claude Juncker au Forum économique mondial de Davos – il n’y a plus mis les pieds depuis 1997 – était vue côté suisse comme une opportunité d’évoquer les malentendus survenus justement lors de la visite de novembre 2017 à Berne. Jeudi, les diplomates helvétiques tentaient encore d’obtenir un rendez-vous.

En attente du «reset»

En vain. Au plus haut niveau, on évoquait toutefois vendredi une forme de soulagement. Car si le besoin d’explication sur les dernières crispations est bien présent, le gouvernement n’a par contre pas grand-chose de concret à présenter au président de la Commission européenne quant à l’avenir des relations bilatérales. «Le moment n’était pas idéal, car le Conseil fédéral doit redéfinir sa stratégie européenne à la fin du mois, juste après Davos», glisse un interlocuteur.

Lire aussi: Les agendas désaccordés de Berne et Bruxelles

Il devra notamment préciser ses intentions en matière de calendrier et de contenu sur un accord institutionnel avec l’Union européenne. Jean-Claude Juncker avait évoqué à ce sujet en novembre à Berne un nouvel espace de flexibilité dans la négociation, plutôt au profit de la Suisse. Il faisait référence à une distinction entre la surveillance du droit européen et celle du droit «bilatéral», comme l’a indiqué la NZZ dans son édition de jeudi.

Cette piste n’est pas pour autant nouvelle. Dans son édition du 21 septembre, Le Temps dévoilait que cette approche était testée par les négociateurs. Le concept vise à éloigner le spectre des «juges étrangers» du débat. La Cour de justice de l’UE serait pleinement compétente pour tout ce qui concerne le droit européen. En revanche, si un désaccord survenait sur des dispositions ayant trait spécifiquement aux relations entre la Suisse et l’UE, il reviendrait à un tribunal arbitral de trancher.


Porte close chez Macron aussi

Alain Berset devra aussi se contenter, à Davos, d’écouter Emmanuel Macron en séance plénière. Aucune entrevue bilatérale n’est en effet prévue pour l’heure entre le nouveau président de la Confédération et le chef de l’Etat français lors de son passage éclair dans la station grisonne. Le locataire de l’Elysée devrait, le 24 janvier, prononcer un discours de 17h30 à 18h15, en français puis en anglais. Il n’est pas sûr que son intervention soit suivie de questions de la salle, même si le tempérament de l’intéressé et son goût de l’improvisation peuvent toujours changer la donne.

Au total, et sauf contrainte météorologique, la participation d’Emmanuel Macron au Forum économique mondial (WEF) se limitera à trois petites heures. «Il n’est pas prévu qu’il dorme sur place», a confirmé son entourage au Temps. La diplomatie suisse peut donc encore espérer, in extremis, caler un échange présidentiel dans les Alpes.

Sur la scène de Davos, le président français prononcera un discours rodé le lundi 22 janvier sous les ors du château de Versailles où il doit recevoir près de 140 grands patrons étrangers. Les pharmas suisses seront représentées à ce sommet. La place financière suisse, en revanche, brillera par son absence. Ni UBS – en attente de son procès en France pour «blanchiment de fraude fiscale» –, ni Credit Suisse, ni les grandes banques privées ne seront reçues dans la demeure du Roi-Soleil.

 Richard Werly, Paris

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