La Direction suisse du développement et de la coopération (DDC) a figuré parmi les premières organisations à soutenir la Corée du Nord, frappée depuis le début des années 1990 par une famine qui aurait fait entre trois et cinq millions de morts. Elle ne s'est pas laissé décourager par de nombreuses critiques dont celles de Médecins sans frontières, qui a quitté le pays, arguant que l'aide ne parvenait pas aux nécessiteux mais était détournée par le régime.

En 2005, la DDC a encore «investi» près de 6 millions de francs en Corée du Nord. Elle a néanmoins changé de priorité, n'axant plus sur l'aide humanitaire, mais sur l'aide au développement. D'ailleurs, depuis la fin de l'année dernière, Pyongyang n'accepte plus d'aide humanitaire. La DDC s'en félicite, puisque cela signifierait que le pays se porte mieux. Mais des ONG s'inquiètent. Car, en barrant la route à l'aide d'urgence, Pyongyang limite la présence d'organisations sur son territoire. Des organisations qui pourraient précisément dénoncer certains agissements du régime. Ueli Stürzinger, chargé du programme de la DDC, lui, attribue une connotation «diplomatique» à une mission qui vise à faciliter l'ouverture du pays.