Même si elle n'a que peu de chance d'être suivie d'effets, la question d'un deuxième démocrate du centre au Conseil fédéral se pose sérieusement. La récente attaque du Parti socialiste contre le Parti démocrate – chrétien devrait survivre au creux de l'été et continuer à alimenter les discussions à la rentrée. Ainsi, dans sa dernière édition, la NZZ am Sonntag a expliqué dans un long commentaire que ce débat était «légitime». Pour le sérieux journal dominical, proche du Parti radical, «il n'y a aucune raison d'ignorer les règles du jeu de la concordance jusqu'à ce que l'UDC faiblisse». Le 10 décembre, lors de la réélection du gouvernement, l'Assemblée fédérale devra dire si celles-ci demeurent «valables ou non».

Reste qu'une majorité de Suisses semble favorable au maintien de la formule magique actuelle (2 PRD, 2 PS, 2 PDC, 1 UDC), si l'on se fie au dernier sondage commandé par le SonntagsBlick. 45% des 1000 personnes interrogées par l'institut Isopublic aimeraient conserver la composition actuelle du gouvernement, alors que 37% ne verraient pas d'inconvénient à la voir disparaître – 18% n'ont pas exprimé d'avis.

Ce sont les jeunes qui apportent le plus fort appui à la composition actuelle du gouvernement, puisque 54% des moins de 35 ans la soutiennent (33% souhaitent son abandon). Une très faible majorité (41%) des personnes âgées entre 35 et 54 ans sont par contre pour l'abandon ou la modification de la formule magique (40% souhaitent qu'elle reste telle quelle). Enfin, les plus de 55 ans sont à nouveau partisans à 42% de la composition actuelle du gouvernement (38% sont contre).

Couchepin mal aimé

Les personnes interrogées estiment que ni le PS ni l'UDC ne devraient quitter le gouvernement. Mais si un conseiller fédéral devait se retirer en cas de remise en cause de la formule magique, 27% des sondés verraient bien le ministre de l'Intérieur et actuel président de la Confédération, le radical Pascal Couchepin, partir. Depuis qu'il est au Conseil fédéral, le Valaisan se pique de savoir gouverner sans être aimé par la population… qui le lui rend bien: avec une régularité de métronome, il truste la dernière place de tous les sondages au sujet de la popularité des conseillers fédéraux. Sa dernière provocation à propos d'une retraite à 67 ans d'ici à 2025 n'a probablement pas arrangé les choses.

Loin derrière lui, Joseph Deiss (PDC) et Moritz Leuenberger (PS) ne recueillent que 12% des défaveurs des sondés et Ruth Metzler (PDC), 9%.

Seules 8% des personnes interrogées souhaiteraient voir la ministre des Affaires étrangères socialiste, Micheline Calmy-Rey, se faire éjecter. Ce souhait est encore un peu moins fort pour les conseillers fédéraux Samuel Schmid (UDC/7%) et Kaspar Villiger (PRD/4%), qui part de toute façon à la fin de l'année.