La question de la fusion de la Commission fédérale des étrangers (CFE) avec la Commission fédérale des réfugiés (CFR) n'est pas encore à l'ordre du jour, mais soulève déjà des craintes. Après la réunion de l'Office fédéral des réfugiés (ODR) et de l'Office fédéral de l'immigration, de l'intégration et de l'émigration (IMES) sous la bannière commune de l'Office fédéral des migrations (OFM), le sort des deux commissions est incertain. Comme pour conjurer le mauvais sort, le Forum pour l'intégration des migrantes et des migrants (FIMM) s'est empressé de mettre ce thème au menu d'une rencontre multipartite, samedi dernier. Les organisations, partis politiques et partenaires sociaux présents lors des débats ont catégoriquement et préventivement dit non à une telle fusion. Ils ont préféré mettre en avant le potentiel d'une coopération thématique commune des deux entités.

Amalgame redouté

Si la refonte des deux commissions n'a pas été annoncée par l'administration fédérale, la rumeur qui la précède peut-être fait débat. «Nous craignons qu'avec une telle fusion on ne confonde la politique d'asile et la politique migratoire», explique Claudio Micheloni du FIMM. Selon lui, le processus d'amalgame est déjà à moitié amorcé, à la suite de la création de l'Office fédéral des migrations. La peur diffuse du FIMM ne semble pourtant pas se propager aux principaux intéressés. Pour le président de la CFE, Francis Matthey, cette hypothétique union n'est pas «la préoccupation première» de sa commission. Il reconnaît malgré tout que le cahier des charges des deux groupes de consultation fera certainement l'objet d'une «réflexion».

Du côté de l'IMES, il ne fait nul doute que l'avenir des deux commissions se jouera en 2005, après la mise en route du nouvel office fédéral. «Nous devrons nous demander que faire avec elles. Il faudra voir comment elles pourront travailler l'une avec l'autre», explique Mario Tuor, le responsable de la communication du bientôt feu IMES.

A côté de cette thématique en puissance, le Forum pour l'intégration des migrantes et migrants a élaboré un cahier des charges afin d'élargir les alliances pour agir en force sur la politique d'intégration, après le double non du peuple aux naturalisations, le 26 septembre dernier. Il compte sur la coopération des partenaires sociaux et des partis politiques pour renforcer ses moyens de lutte et ses activités. Une tentative mal emmanchée, puisque les trois principaux partis bourgeois n'ont pas répondu à l'invitation de cette première table ronde. Une absence physique, mais pas politique, selon les intéressés.