Pour Le Matin Dimanche, «la peur d’un débat populaire hante le dossier des langues». Alors que le Conseil fédéral a mis en consultation un projet de loi qui impose le français aux Alémaniques dès le niveau primaire, tous les acteurs de l’éducation semblent préférer un compromis intercantonal à une intervention de la Confédération, pour éviter un vote populaire.

Plusieurs conseillers d’Etat s’inquiètent des conséquences de ce débat pour la cohésion nationale. Pour le ministre bâlois de l’éducation, «c’est une discussion qui peut conduire à des dommages collatéraux». Selon le Valaisan Oskar Freysinger, ce large débat national comporte des risques et «pourrait ne pas déboucher sur le résultat escompté». Pour le président D’Helvetia Latina, le lobby des latins à Berne, le projet «pourrait être victime d’un cumul d’oppositions en votation populaire».

Coïncidence heureuse, dans la Schweiz am Sonntag, le ministre tessinois de l’Education, Manuele Bertoli, plaide pour que tous les cantons proposent des cours d’italien, au moins facultatifs, à l’école primaire et secondaire: «L’italien est aussi une langue nationale, au même titre que le français et l’allemand».

Monsieur Prix s’attaque à la pharma

Dans la SonntagsZeitung, le surveillant des Prix Stefan Meierhans critique l’administration fédérale, responsable selon lui de l’augmentation régulière des primes des assurances maladie. Il rappelle qu’il a proposé tout un catalogue de mesures pour endiguer les frais de la santé, et il se désole que ses recommandations, peu contraignantes, restent ignorées et «s’empoussièrent dans les tiroirs de l’administration».

Les banquiers centraux sont inquiets…

Dans Le Matin Dimanche, le président de la Banque nationale suisse, Thomas Jordan raconte sa nuit du Brexit, durant laquelle il surveillait le taux de change «toutes les quinze minutes». La BNS est finalement intervenue à hauteur de 6,8 milliards sur le marché des changes: «Il a été possible de stabiliser la situation dans un environnement très sensible». Pour le banquier, la Suisse doit désormais «préserver ses relations commerciales avec l’Union européenne, son principal partenaire, mais également avec le Royaume-Uni».

Selon Thomas Jordan, «l’Europe n’a pas produit suffisamment de places de travail» dans un contexte où «le taux de croissance est trop faible» et «les salaires n’ont pas augmenté». Il espère désormais des réformes structurelles et en appelle à une libéralisation de l’Union européenne, en particulier de son marché du travail: «Avec 10% de chômage en Europe, il faut plus de flexibilité».

… tout comme ceux d’UBS et de Credit Suisse

Pour le patron d'UBS Sergio Ermotti, «nous vivons une période brutale». Dans une interview publiée par la Sonntagszeitung, le banquier tessinois s’en prend au Conseil fédéral, coupable d’avoir négocié des accords d’entraide fiscale «sans transparence et sans ligne politique claire». Pour lui, les points cruciaux qui concernent le passé ont été oubliés dans les négociations avec la France. Ils privent le pays d’une sécurité juridique, et «ouvrent la porte à de nouvelles attaques contre les banques suisses». Au moment où «le Brexit aggrave une conjoncture déjà mauvaise», le banquier juge le comportement de la Suisse officielle «inacceptable».

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Sergio Ermotti critique aussi le rapport de stabilité de la Banque nationale suisse, publié à la mi-juin, et qui estime que l’UBS et le Crédit Suisse ont besoin de 10 milliards de francs de fonds propres supplémentaires pour la poursuite de leurs activités opérationnelles. Pour lui, cette déclaration est «un peu trompeuse», et «nuit à la crédibilité de la place financière». Il en profite pour défendre le nouveau patron du Crédit Suisse, sous pression, dont «on attend des résultats beaucoup trop vite, en oubliant que l’application d’une nouvelle stratégie est une affaire de long terme».

Le patron de Credit Suisse exige du temps

Dans une interview accordée à la «Neue Zürcher Zeitung am Sonntag», justement, le patron de Credit Suisse Tidjane Thiam défend son bilan et réclame du temps: «Nous travaillons à une stratégie sur le long terme, pour obtenir une plus-value pour les actionnaires». Une année après son entrée en fonction, l’action de la banque a perdu près de 60% de sa valeur et vaut moins de dix francs. Selon lui, ce cours n’est pas représentatif de la situation de l’établissement: «Je suis convaincu qu’il va se rétablir aussitôt que nous livrerons des résultats.»

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Face à la chute de l’action, le Franco-Ivoirien appelle les investisseurs à se montrer patients. Un seul des douze trimestres prévus pour la restructuration s’est écoulé: «A la fin du mois de septembre 2015, nous avions en moyenne plus de risques commerciaux que les autres banques européennes, mais significativement moins de capital propre.» Tidjane Thiam s’applique depuis à inverser la tendance. Les risques ont été réduits de plus de 30% et le capital a été augmenté.