Comme l'avait craint en décembre le rapporteur de la commission du National Jacques-Simon Eggly (lib./GE), la Chambre du peuple a pris le risque de relancer tout le débat sur l'IVG en remettant en question la notion de «détresse». Le projet paraissait sous toit, mais, à cause de cette divergence, le Conseil des Etats doit rouvrir le dossier. Et, comme on pouvait s'y attendre, le PDC a sauté sur cette occasion pour remettre en discussion une option qui lui est chère, mais qui a été rejetée par les deux Chambres, à savoir l'obligation faite à la jeune femme de consulter un centre de conseil avant d'avorter.

Vendredi, la Commission juridique des Etats s'est une nouvelle fois déchirée sur cette question. Par 7 voix contre 6, elle a confirmé de justesse sa décision antérieure, qui ne rend pas la consultation obligatoire. Le président de la commission, Dick Marty (rad./TI), confirme cependant que la proposition du PDC refera surface en plénum. Et là, tout est ouvert. En premier débat, elle n'avait été repoussée que par 21 voix contre 19. En ce qui concerne la notion de «détresse», la commission y voit une «indication éthique», explique Dick Marty. La commission propose par conséquent de préciser que l'IVG peut être admise durant les douze premières semaines lorsque «la femme invoque un état de détresse».