Philipp Stähelin se dit serein sur l'avenir de son parti en général et de son second siège au Conseil fédéral en particulier.

Le Temps: Le PDC a-t-il évolué à droite?

Philipp Stähelin: Evidemment non. Nous continuons sur la même ligne. Je souris de constater que l'UDC nous reproche sans cesse d'avoir des positions de plus en plus à gauche et de voir la gauche nous faire la critique inverse. Je note également que, dans le cadre de la révision de l'AVS, par exemple, Christiane Brunner a soutenu une diminution de la rente de veuve, ce qui n'est pas exactement une position de gauche.

– Tout de même: sur des sujets comme la sécurité, l'asile ou, récemment encore aux Etats, le paquet fiscal, vous vous exprimez plutôt comme un parti de droite…

– Je m'efforce de soutenir les positions dont je suis convaincu qu'elles sont bonnes, indépendamment des tendances. En matière de sécurité par exemple, il n'est pas question d'une politique de droite mais de mesures nécessaires. D'un autre côté, nous soutenons avec force le projet d'assurance maternité.

– Etes-vous d'accord avec le constat que le PDC et les socialistes ne sont plus suffisamment proches politiquement pour s'allier?

– Je trouve cela plutôt intéressant, dans la mesure où cela n'a pas gêné Christiane Brunner de s'adresser à nous lorsqu'elle cherchait des soutiens à la candidature de Micheline Calmy-Rey.

– Avec la proposition de laisser entrer un autre UDC au gouvernement, proposition à laquelle la présidente radicale ne se dit pas complètement opposée non plus, votre second siège n'a jamais été aussi en danger

– Je ne crois pas, non. Christiane Brunner fait sa campagne et elle a trouvé un thème pour l'été, sur lequel, d'ailleurs, je ne suis pas sûr que son parti la soutienne. Mais ces débats politiciens ne disent rien de ce que le parlement décidera. Et de ce côté-là, je suis serein. Cela dit, je m'interroge sur la façon dont un conseiller fédéral parvenu à son poste grâce au soutien de l'UDC et du Parti socialiste pourrait gouverner.

– Si cela était nécessaire, lequel de vos conseillers fédéraux devrait partir?

– Je n'entre pas en discussion sur cette question.

– N'ont-ils pas une part de responsabilité dans la situation actuelle?

– Je n'ai rien à leur reprocher.