Le sigle renvoie à la réforme de la politique salariale de l'Etat de Vaud. Vieille de 40 ans, elle était devenue opaque, avoue Philip Grund, chef du Service du personnel. Les travaux, entamés en 1995, ont redéfini les postes, répartis dans un nombre réduit de classes (de 32 à 18) avant de façonner une nouvelle grille de salaires. Pour ce faire, on a rehaussé les planchers et les plafonds des classes, tout en fixant un revenu minimum brut de 3600 francs par mois. Ensuite, on a établi une amplitude unique pour la progression (45% du montant de départ pour tout le monde; avant, elle tournait à l'avantage des hauts revenus). Puis on a inventé une progression dégressive sur 26 ans qui favorise les jeunes collaborateurs, à la place de la progression actuelle de 20 ans qui prime l'ancienneté. Plus social, étranger au salaire au mérite, selon le Conseil d'Etat, destiné à maîtriser la masse salariale, selon les syndicats, le dispositif en discussion revalorise certains métiers (les instituteurs), alors qu'il en pénalise d'autres (les professeurs de gymnase). Au final, 90% des 27000 employés de l'Etat profiteront du dispositif, assure le gouvernement.

La bascule vers Decfo/Sysrem a contribué aux conflits actuels. Car il fallait rattraper l'écart entre les revenus d'avant et celui d'après le passage au nouveau système. Voilà pourquoi le gouvernement, après une grève et sur les ailes d'une bonne situation financière, a alloué 80 millions sur 6 ans, au lieu de 20. Dès l'entrée en vigueur de Decfo/Sysrem, 32 millions seront affectés à la bascule pour la première année de rattrapage, ce qui représente 2000 francs en moyenne pour six collaborateurs sur dix.