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Nucléaire

Déchets radioactifs: la Nagra doit revoir sa copie

La Société nationale pour le stockage des déchets radioactifs est en quête d’un lieu de dépôt en Suisse. Sa dernière sélection repose sur une analyse «incomplète», juge l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire

Sous quels champs, quelles collines, la Suisse va-t-elle enfouir ses déchets nucléaires? La Société nationale pour le stockage des déchets radioactifs (NAGRA) est en quête du site le plus approprié pour un dépôt en couches géologiques profondes. Après avoir identifié six régions en 2008, elle a annoncé en janvier en avoir retenu deux: celles de Zurich nord-est et de Jura-est.

Mais c’est un désaveu que la Nagra a essuyé mercredi. L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) juge l’analyse de la Nagra «incomplète» et réclame davantage d’informations, selon un communiqué publié ce jour. Les explications de Michael Aebersold, chef de la section gestion des déchets radioactifs à l’Office fédéral de l’énergie.

Le Temps: Que reprochez-vous au choix de la Nagra?

Michael Aebersold: C’est une sélection très complexe, avec une multitude d’indicateurs. De tous ces indicateurs, il n’y en a qu’un qui nous pose problème: la profondeur maximum du dépôt. La Nagra a estimé que les déchets hautement radioactifs pouvaient être placés, au maximum, à 700 ou 800 mètres sous terre. Au-delà, le stockage devenait trop compliqué. L’IFSN ne partage pas, pour le moment, cette conclusion. Elle demande des informations supplémentaires.

– Quelle conséquence cette réclamation a-t-elle sur le processus de sélection?

– La Nagra a éliminé l’un des sites, le nord des Lägern (au nord de Zurich), à cause de cette limite de profondeur. Or, si les études que nous réclamons prouvent qu’un stockage plus profond est possible, le nord des Lägern doit rester dans la course. La Nagra doit vérifier ce critère de profondeur et présenter des études supplémentaires. Celles-ci confirmeront peut-être sa première analyse.

– La Nagra a présenté son choix en janvier. Pourquoi ne réagissez-vous qu’en septembre?

– L’IFSN a dû lire tous les rapports physiques, chimiques, etc. Soit quelque 20 000 pages. De nombreux experts, dont des professeurs d’universités suisses, ont vérifié les conclusions de la Nagra, page par page. Cela ne peut pas se faire en deux ou trois mois.

– Avec l’étude supplémentaire que vous réclamez, le processus de sélection va prendre du retard…

– En effet: 6 à 12 mois de retard. Mais c’est le rôle de l’IFSN de vérifier que la sélection ne souffre d’aucune lacune. On nous reproche souvent la lenteur du processus – la décision définitive n’est pas attendue avant 2027 – mais la sécurité est primordiale!

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