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Espace de détente et salle de réunion à ciel ouvert au bord d'un ancien bassin de décantation transformé en étang à la voirie de Zurich
© Grün Stadt Zürich (via Tages Anzeiger)

Histoire

Sous les déchets de Zurich, une oasis de luxe

L’ancien directeur de la voirie et du recyclage de Zurich qui avait d'abord été suspendu pour de multiples irrégularités a finalement été licencié ce vendredi 9 juin avec effet immédiat

Mise à jour vendredi 9 juin, 12h30.

Le directeur de la voirie et du recyclage de la ville de Zurich Urs Pauli a été licencié avec effet immédiat vendredi après la découverte il y a quelques jours d'une caisse noire dans ce service. L'exécutif de la ville a mandaté une enquête externe. Le directeur, déjà suspendu de ses fonctions depuis plus de deux semaines, a été licencié avec effet immédiat à la demande de Filippo Leutenegger (PLR), en charge du Département des travaux publics et de la voirie. L'exécutif a accepté cette demande, a-t-il indiqué vendredi dans un communiqué. (ATS)


Une odeur de scandale flotte autour du service de la voirie et du recyclage de Zurich. Son directeur Urs Pauli a été suspendu en mai pour ses goûts trop luxueux: il avait acheté, sans autorisation en 2012, une BMW à plus de 100 000 francs comme voiture de fonction, utilisée également à des fins privées. Les autorités communales déposent alors une plainte contre lui pour gestion déloyale. Depuis, pas une semaine ne passe sans une nouvelle révélation sur les irrégularités qui ont entaché l’ère Urs Pauli, nommé directeur en 2008.

Un étang pour les poissons, une piscine pour les employés

Pourtant, l’homme était apprécié dans son service. Et pour cause: ses largesses ne se limitaient pas à sa propre personne. Le directeur avait fait construire pour ses quelque 900 collaborateurs une oasis au cœur du centre de tri et de recyclage des déchets de Werdhölzli, raconte le Tages Anzeiger jeudi. Quatre anciens bassins de décantation ont été transformés pour accueillir une zone de baignade bordée de chaises longues et de parasols, ainsi qu’un étang où frétillent des poissons et croassent des grenouilles. Deux fois par mois à 15h30, le directeur conviait tous les collaborateurs à des grillades. Coût de ce petit paradis: 2,5 millions de francs. Une «grosse partie» des travaux auraient été réalisés bénévolement par les employés, avait expliqué un cadre de la voirie en 2010 à un journal local, ajoutant que la destruction des anciens bassins aurait coûté davantage. Cet «espace détente» peu conventionnel n’avait pas fait de bruit, alors.

Dans la caisse noire d'Urs Pauli: 215 000 francs et 2200 euros en espèces

Cette histoire ressort dans le sillage d’autres révélations sur le train de vie excessif et les tendances oligopolistique du service zurichois de recyclage des déchets, d’ordinaire plutôt cité en modèle pour son efficacité légendaire à faire de Zurich l’une des villes les plus propres du monde. Plusieurs contrats auraient été attribués à des entreprises privées et publiques, sans passer par des appels d’offres. Et, fin mai, une semaine après la suspension du chef, les autorités communales convoquaient la presse pour annoncer la saisie d’une «caisse noire» dans les bureaux du service. Ce coffre-fort contenant 215 000 francs et 2200 euros en liquide ne figuraient dans aucun décompte officiel. L’argent proviendrait de la vente de voitures de fonction. Car Urs Pauli n’était pas le seul à rouler au volant d’une voiture personnelle: il avait autorisé sept autres cadres à faire un usage privé de leur véhicule professionnel.

En 2015 déjà, le prodigue éboueur en chef avait reçu un avertissement après une enquête administrative, qui avait démontré un dépassement de 14,5 millions de francs du crédit alloué à une centrale thermique de traitement des ordures ménagères. «J’ai la forte impression que Urs Pauli nous a menés par le bout du nez», déclarait le Municipal Filippo Leutenegger responsable des travaux publics, devant les médias fin mai. L’exécutif a lancé une enquête externe.

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