Le Valais se déchire autour de son aéroport. Sur les réseaux sociaux, comme au niveau politique, il y a ceux qui sont catastrophés et ceux qui sont soulagés de ne plus subir le bruit des avions de combat. Selon les Syndicats chrétiens, ce sont 150 emplois hautement qualifiés qui vont disparaître, dont près de 40 places d’apprentissage, ainsi qu’un centre de formation qui forme le quart des polymécaniciens du Valais romand. L’UDC estime que le retrait de l’armée est lié au désaccord entre la Ville de Sion – qui souhaitait le départ des ­avions de combat – et le Conseil d’Etat, qui souhaitait maintenir des vols militaires, mais en les limitant.

Alors, l’UDC accuse. «Cette décision catastrophique, le Valais la doit avant tout à un homme, Marcel Maurer (président PLR de Sion), qui aura été le véritable fossoyeur de l’aéroport militaire et de ses 170 emplois et places d’apprentissage qualifiées», déclarait le parti mardi matin. Joint par Le Temps, le conseiller d’Etat UDC Oskar Freysinger estime que tout n’est pas bétonné. Il y aurait encore une carte à jouer si la Ville de Sion écrit une lettre disant qu’elle est favorable aux vols militaires. Mais, comme son parti, il renvoie la responsabilité de la fermeture de la base aérienne sur le président de la Ville. «Le PS déplore fermement l’attitude du Conseil d’Etat qui désigne la Ville de Sion comme principal traître à la patrie», rétorque la gauche. «Oskar Freysinger et certains conseillers nationaux comme Yannick Buttet ont l’art de faire reposer la responsabilité sur la Ville, mais en tant qu’élus fédéraux ils ont bien davantage de relais à Berne pour maintenir l’aéroport de Sion», se défend Marcel Maurer. «D’autant que, dans une lettre de juin 2013, l’armée faisait savoir au Conseil d’Etat que ses exigences ne lui convenaient pas plus que les nôtres.»

Pour le PS, les Verts et l’Association des riverains de l’aéroport, le départ de l’armée est une chance pour le Valais. «L’aérodrome militaire est aujourd’hui un frein au développement économique et touristique du Valais central, écrivent les Verts. Les nuisances sonores de l’aérodrome militaire empêchent tout développement de la ville dans le secteur sous-gare selon une expertise juridique commandée par la Ville de Sion.» Sous cet angle-là, Marcel Maurer est en effet plutôt satisfait de la décision fédérale.

Des emplois civils?

Outre ces accusations mutuelles, les partis ne sont pas d’accord sur l’avenir de l’aéroport civil. Pour l’UDC et le PDC, il n’a que peu de chances de survivre sans l’armée. «Il y a eu de nombreuses tentatives pour le développer mais aucune d’elles n’a duré», souligne le vice-président du PDC, Serge Métrailler. «L’aéroport civil peut se développer et créer des emplois supplémentaires, la Ville n’a d’ailleurs pas attendu aujourd’hui pour se mettre au travail», estime Marcel Maurer. Les Verts jugent que l’avenir de l’aéroport est à l’aviation de plaisance, tandis que le PS prône le développement d’une économie forte dans le domaine de l’énergie.