En mars 2013, lors du refus populaire de transformer l’actuel carrefour Numa-Droz réglé par des feux en un rond-point quadrangulaire offrant un accès plus convivial au centre-ville, les relations étaient délétères entre les autorités de la ville de Neuchâtel, les habitants et les commerçants du centre-ville. Avec un double reproche adressé aux autorités: avant d’investir dans des aménagements urbanistiques, qu’elles dynamisent le centre-ville et qu’elles soient davantage à l’écoute des besoins.

L’élu socialiste Olivier Arni a entendu le message. Il construit désormais ses projets urbanistiques en consultant largement la population. Il a ainsi échafaudé le programme «Ring» d’aménagement des rives du lac en espace de détente et de loisirs après plusieurs ateliers participatifs et le dépouillement de 1159 questionnaires.

Via une étude de la Haute Ecole de gestion Arc menée par Nicolas Babey, Olivier Arni et les autorités de Neuchâtel ont vérifié, auprès des résidents et des visiteurs, que leur stratégie en faveur d’une redynamisation du centre-ville était la bonne. Surprise: alors qu’ils avaient eu tendance à délaisser le centre historique pour lui préférer les centres commerciaux périphériques, alors qu’ils se plaignaient de la difficulté de se garer à proximité immédiate du centre, les Neuchâtelois disent leur attachement fort au centre-ville, autant pour son intérêt urbanistique et sa convivialité que pour y trouver leur compte dans les commerces.

Autre revirement spectaculaire: autorités et commerçants ont mis de côté leur mépris respectif pour travailler «en harmonie», constate Christophe Schwarb, président de la commission spéciale du législatif local pour le développement de la ville. Avec une distribution des rôles: la ville adapte le cadre urbain et l’embellit, et les quelque 400 commerçants du centre historique, dont une majorité d’indépendants non franchisés, se fédèrent pour répondre aux souhaits des clients, avec un meilleur accueil, davantage d’animation et de conseil.

Les objectifs fixés en 2014 par la commission de Christophe Schwarb sont en voie d’être atteints. L’enquête de la HEG-Arc montre que les clients et les visiteurs du centre-ville sont enthousiastes. Elle relève même que l’accessibilité, pourtant perfectible, satisfait 85% des sondés.

Il subsiste pourtant de grands projets. A commencer par le retour d’un grand magasin au centre-ville, en principe Manor, qui ajouterait aux actuels parkings offrant déjà 1000 places, 400 autres places en sous-sol. Le législatif devra donner son feu vert.

Deux autres gros projets susceptibles de renforcer l’attractivité du centre d’une ville de taille moyenne sont en phase de maturation: l’aménagement des rives voisines, pour un coût d’une trentaine de millions dont vingt à charge de la ville, et un nouveau concept de mobilité entre la gare et le centre-ville. «Nous comptons bien retrouver, en 2019, quarante ans après la création de la zone piétonne, le dynamisme qui a prévalu à partir de 1979», souhaite Olivier Arni.