«Décliner la fête sur deux ambiances»

Non aux Fêtes de Genève, place à Genève en fête. C’est avec cette inversion sémantique que Michael Drieberg , directeur général de Live Music Production, livre le fruit de ses réflexions: les fêtes, dans leur mouture actuelle, obligent au lieu d’offrir. «Ceux qui veulent juste profiter de l’été au bord du lac en sont empêchés. Les barricades, les bars privatifs qui bloquent les accès, c’est choquant.»

Et Michael Drieberg de «décliner la fête sur deux ambiances». Sur la rive gauche, offrir la convivialité en diminuant la taille des bars, en ouvrant l’accès au lac, en y édifiant des pontons provisoires comme sur le Rhône. Y faire oublier la musique techno pour oser le jazz, et même des ensembles classiques et des expositions. Sur la rive droite, naturellement plus tapageuse, consentir au tapage. «Il faut y laisser le gros bastringue, avec ses manèges et ses saucisses. Mais on pourrait y envisager des défilés de fanfares du monde entier, une tendance qui marche très bien. Et aussi y organiser des défilés colors, très à la mode. C’est avec cela qu’on crée des buzz incroyables, et la publicité sur le Net pèse plus lourd que les campagnes de pub traditionnelles», estime l’empereur du divertissement. Poudres colorées et cuivres endiablés à droite, romance et lyrisme à gauche.

Dans le détail, il faudrait à son «Genève en fête» une thématique, imposant une cohérence aux stands. Thème par pays, par couleur, qu’importe, mais il rappelle que «les plus beaux marchés de Noël sont ceux qui sont uniformisés autour d’une thématique. Si Montreux y arrive, pourquoi pas Genève?» Au chapitre culinaire, là encore, il a son idée: «Mettons en avant les produits du terroir sur la rive gauche! Rien n’est fait en ce sens, alors que c’est une tendance lourde. L’Office du tourisme jouerait ainsi son rôle.» Un organisme qu’il fustige aujourd’hui pour sa gestion financière «peu transparente de ces fêtes».

Michael Drieberg pointe encore du doigt une organisation brouillonne, qui voit s’étendre, après le feu d’artifice, un long dimanche sale et mélancolique. «Comme dans un spectacle, il faut clairement marquer le début et la fin. Démarrons avec un gros concert, et finissons avec le feu d’artifice, en apothéose.»