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Pas découragés, les «No Billag» relancent leur quête de fonds sur le Net

Un jeune entrepreneur argovien héberge désormais sur son site la campagne des initiants

Dépités lundi, relancés mercredi. Après le retrait inattendu lundi de leur campagne sur le site de financement participatif Wemakeit, la plateforme estimant que leur projet était dangereux pour la cohésion du pays, il n’aura pas fallu beaucoup plus de 24 heures aux initiants de «No Billag» pour retomber sur leurs pattes et trouver une solution à leur cruel problème d’argent.

Relire: Les partisans de «No Billag», furibards, dénoncent une censure politique sur Wemakeit

La décision paradoxale de Wemakeit sur la campagne #nobillag (blog de Benoît Gaillard)

Un début prometteur

C’est un jeune entrepreneur argovien de 23 ans qui a volé à leur secours en créant sur le site de sa société de services informatiques une page dédiée à l’appel de fonds. «Il s’est proposé spontanément, explique Nicolas Jutzet, le président de «No Billag» pour la Romandie. C’est allé vite, on accepte tous les soutiens.»

Jeudi, la plateforme avait déjà engrangé plus de 22 000 francs en début d’après-midi, soit en deux jours le double de ce qu’elle avait récolté en 48 heures sur Wemakeit: les débuts sont prometteurs, mais l’objectif de 100 000 francs reste ambitieux. «Les gens ont renouvelé leurs dons. Nous avons aussi reçu des soutiens sur le thème: le retrait injuste de votre campagne m’a décidé à vous faire un don», continue Nicolas Jutzet.

Les récompenses sont là. A partir de 23 francs «tu reçois un certificat de donneur»; pour 226 francs (la moitié de la redevance) «ton statut de VIP» te donne le droit de «vivre la future journée historique de l’intérieur», aux côtés des initiants. Enfin à partir de 2255 francs, les vrais convaincus sont conviés à un repas avec l’équipe de «No Billag». Jeudi après-midi, la moyenne des dons était de 100 francs, et le don le plus élevé atteignait 500 francs.

Une intervention salvatrice

L’appel de fonds est hébergé sur une page du site Swiservice.com, acronyme aux résonances patriotiques de Sandro Wächter Internet Service, la société du sauveur des «No Billag», qui recevra une indemnité de 500 francs (Wemakeit aurait reçu 10% du total de la collecte). Sur sa page Facebook, le jeune entrepreneur se dit «fier de pouvoir mettre ses talents professionnels au service de ses idées».

Se présentant sur son site personnel comme un libertarien et un paléo-conservateur, opposé à l'«Etat surdimensionné paternaliste», récemment passé du PLR à l’UDC, Sandro Wächter s’est fait élire cet automne au Conseil municipal de Schinznach Bad en tant qu’indépendant. Dans un entretien à l’Argauer Zeitung en juin, il donnait de lui l’image d’un jeune politicien impatient, ambitieux, volontiers provocateur. Ce fan des Etats-Unis, qui s’est exprimé en anglais sur des sites libertariens, a d’ailleurs fait parler de lui cet été en Suisse alémanique après une série de tweets consacrés à la manifestation d’extrême droite de Charlottesville, dans lesquels il attribuait les violences à l’arrivée des antifascistes et des socialistes.

Maladresse ou pas, le jeune homme a depuis supprimé son compte Twitter. Il serait dommage de se focaliser sur ce passé en occultant sa bonne volonté et sa réactivité pour une cause qui lui est chère depuis longtemps, fait-on remarquer du côté des «No Billag». Son intervention dans une campagne très tendue marque en tout cas son entrée dans le grand bain de la politique nationale.

Dossier La controverse «No Billag»

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