Aujourd’hui, à Breno, un village de quelque 300 habitants, perché à 800 mètres au-dessus du lac Ceresio, dans le Malcantone, au sud du Tessin, un brouillard exceptionnel flotte dans l’air. Mais en temps normal, la vue sur la vallée et le lac est à couper le souffle. Dans la vieille ville, des maisonnettes médiévales en pierre avec volets et balcons en bois bordent ce qui jadis était la rue principale, large de deux mètres. Nous arrivons à l’ancienne demeure de Giovanni Anastasia (1797-1883), l’une des seules qui n’ont pas été rénovées.

Avec une certaine émotion, nous pénétrons dans la cuisine, là même où, entre 1817 et 1866, le paysan a couché ses pensées sur le papier. On le sait car dans son journal, retrouvé par hasard en 2012 à Breno, on peut lire: «J’écris devant le feu de la cheminée, à côté de la fenêtre d’où l’on voit naître le soleil.» Dans cette pièce de trois mètres carrés, la seule chauffée de la maison, le Tessinois et ses sept enfants passaient leurs soirées d’hiver. Son épouse, Maria, a trouvé la mort en accouchant de Maddalena, décédée elle aussi, en 1942.